/news/politics
Navigation

Étiquette péjorative : changer le terme «lobbyiste» pour «représentant d’intérêts» ?

Coup d'oeil sur cet article

Affublés d’une « étiquette péjorative », les lobbyistes devraient être plutôt désignés comme des « représentants d’intérêts », suggère le Commissaire au lobbyisme.

Dans un rapport déposé mardi à l’Assemblée nationale, Me Jean-François Routhier recommande aux élus de réformer la loi qui encadre le lobbyisme au Québec.

« Le diagnostic conclut notamment que les lobbyistes qui respectent la Loi demeurent stigmatisés par la perception du public qui associe toujours à tort leurs pratiques à de la malversation », écrit-il dans le document de 200 pages.

Malgré des efforts de sensibilisation, « l’étiquette de lobbyiste demeure une étiquette péjorative », a précisé Me Routhier, en conférence de presse.

C’est ce qui a poussé certaines administrations européennes à laisser tomber le titre de « lobbyiste » au profit de « représentant d’intérêts », une meilleure définition de leur tâche, selon le Commissaire.

Suggestion du commissaire

« C’est un peu la proposition qu’on fait aussi, a-t-il insisté. On trouvait que l’étiquette de lobbyiste était nettement désavantageuse et n’exprimait pas non plus la réalité pour toutes les organisations qui font des représentations d’intérêts. [...]On a favorisé un vocabulaire qui est plus accessible et plus facile pour le citoyen, sans être entaché justement de cet historique un peu négatif ».

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Un récent projet de loi allonge le délai de prescription pour sanctionner des lobbyistes qui ne respectent pas la loi à sept ans. Le Commissaire au lobbyisme estime que c’est un pas dans la bonne direction.

Les députés devraient toutefois se pencher sur les pénalités imposées aux contrevenants. À l’heure actuelle, les sanctions sont pénales, alors que la plupart des infractions sont de nature administrative, par exemple lorsqu’un lobbyiste dépose un formulaire en retard.

« Le fardeau de la sanction pénale est énorme parce qu’on implique le Directeur des poursuites criminelles et pénales, un juge. On pense qu’il faut évoluer vers un autre régime », estime Me Jean-François Routhier.