/sports/opinion/columnists
Navigation

Le message d’un leader

Patrice Bergeron est en mission. Il veut ajouter une autre coupe Stanley à sa collection.
Photo AFP Patrice Bergeron est en mission. Il veut ajouter une autre coupe Stanley à sa collection.

Coup d'oeil sur cet article

Patrice Bergeron avait un petit message pour ses coéquipiers qui s’apprêtaient à affronter une foule bruyante, surchauffée et parfois hostile et une équipe avec le couteau entre les dents.

Un tout petit message. Un plongeon dans le passé.

« Vous savez quoi, j’imagine que chacun d’entre vous avez joué dans la rue, que vous rêviez à la coupe Stanley. Vous en êtes là. Pensez-y et appréciez chaque minute. »

Charlie McAvoy a pris une longue respiration, c’est du moins ce qu’il racontait après la victoire des Bruins de Boston, 5 à 1, devant les Blues de St. Louis, poussant la série à un septième et ultime match. « Ça nous prenait un message comme ça. J’avais les nerfs en boule. Pendant toute la journée, je ne tenais pas en place. »

Et d’ajouter Jake DeBrusk : « Quand il parle, tout le monde écoute... »

J’imagine que certains joueurs des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, présentement à l’entraînement, seront sur les lieux. Parce que, demain, ce sera le Super Bowl du hockey professionnel.

Le scénario idéal

Les Bruins et les Blues auront lutté pendant huit mois pour obtenir l’opportunité de participer à un match de championnat. Huit mois, un calendrier de 82 matchs et quatre épuisantes séries éliminatoires.

On ne pouvait souhaiter un meilleur scénario.

Les Bruins à qui on concédait des chances de l’emporter avant le début du tournoi printanier mais plusieurs interrogations s’ajoutaient aux analyses. Pourront-ils sortir du décor, les Maple Leafs de Toronto ? Et, les Bruins, se disait-on, ont-ils les ressources pour écarter de leur parcours la puissante machine du Lightning de Tampa Bay.

Et puis, on pensait aux champions en titre, les Capitals de Washington, une formation bien nantie avec peu de faiblesses. Mais ce sont les Hurricanes de la Caroline qui ont voulu jouer les trouble-fêtes. Un petit soulagement pour les Bruins qui n’ont eu aucune difficulté à les chasser de la compétition.

La révélation de l’année

Les Blues, c’est l’histoire de la saison. En fait, c’est l’impensable qui devient réalité. Comment peut-on quitter la cave du classement, au tout début du mois de janvier et atteindre la grande finale de la coupe Stanley et disputer le dernier match de la saison ?

On ne leur accordait aucune chance contre les Jets de Winnipeg.

On ne pensait pas qu’ils parviendraient à éliminer les Stars de Dallas.

Et, on ne voyait pas comment les Sharks de San Jose rateraient le dernier rendez-vous du printemps.

Les Blues ont franchi toutes les étapes avec très grande distinction, appliquant un style axé sur l’aspect physique, un système de jeu que l’on croyait disparu avec la parité.

Et on a oublié un fait de plus en plus évident. Ils représentent la meilleure formation de l’Association de l’ouest.

Que le meilleur gagne comme l’a affirmé Bruce Cassidy.

Il y a des interrogations qui obtiendront des réponses.

On a obtenu un premier constat dans le match #6. Les Blues ont été incapables de battre les Bruins trois matchs de suite.

  • Maintenant, les Blues peuvent-ils gagner un troisième match d’affilée, à Boston, dans le château fort des Bruins ?
  • Jordan Binnington peut-il maintenir la tendance, celle confirmant qu’il revient toujours en force après avoir été peu convaincant dans le match précédent ?
  • Le trio de Patrice Bergeron fera-t-il la différence ?
  • Ryan O’Reilly se démarquera-t-il ?
  • Et finalement, Tuukka Rask ajoutera-t-il d’autres arguments à son statut de joueur par excellence des séries éliminatoires.

Pour Patrice

Les Blues ou les Bruins ?

Pile ou face ?

Pour vous dire la vérité, j’aimerais bien que les Bruins gagnent pour une raison : Patrice Bergeron.

C’est peut-être la dernière opportunité qui s’offre à ce joueur de centre, sans doute l’un des plus polyvalents de la ligue, de soulever la coupe Stanley.

Bergeron parvient toujours à s’illustrer dans l’adversité même si ses ressources sont plutôt limitées en raison des séquelles que laisse un parcours aussi épuisant, aussi exigeant que le tournoi printanier.

Tout au cours de sa carrière, il a surmonté les obstacles. À un certain moment, on croyait que les commotions cérébrales, ou encore des blessures sérieuses, réduiraient ses activités.

Bien au contraire.

Il a trimé dur et aujourd’hui, il appartient à un groupe très particulier, celui des joueurs ayant marqué l’histoire du sport dans la grande région de Boston.

Au fait, les Bruins gagnent demain, et la ville de Boston célébrera pour une troisième fois cette année un championnat. Il y a eu les Red Sox, l’automne dernier, les Patriots, en février... et...

On passe au comptoir

Quelques joueurs devraient passer au comptoir cette semaine.

On voudra racheter leur contrat.

Remarquez bien que ce n’est jamais une mauvaise affaire. Tout d’abord, vous touchez les deux tiers de la somme que l’équipe s’est engagée à payer. Et puis, vous pouvez toujours obtenir le même emploi ailleurs. Sans doute pas aux mêmes conditions que le stipulait votre dernier contrat, mais quand même.

Pourquoi certaines équipes examineront-elles attentivement l’option du rachat d’un contrat ?

Dans le but de créer un peu plus d’espace de manœuvre sur la masse salariale.

L’an prochain, le plafond sera de 83 millions $.

On veut également se préparer en fonction du marché des joueurs autonomes sans restriction. Pour embaucher Erik Karlsson, par exemple, il faudra trouver un moyen pour l’insérer dans la masse salariale tout en respectant les règles de la convention de travail.

Pour offrir un contrat à Artemi Panarin ou à Sergei Bobrovski, il faudra jouer au magicien.

Aussi, y aura-t-il des offres hostiles ?

Il y a deux semaines, les agents croyaient que ce serait le cas mais il semble que l’enthousiasme des directeurs généraux s’est quelque peu amenuisé au cours des derniers jours.