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New York Times et caricatures : Plantu inquiet pour la liberté d’opinion

New York Times et caricatures : Plantu inquiet pour la liberté d’opinion
AFP

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Plantu, célèbre dessinateur du quotidien français Le Monde et fondateur de l’association Cartooning for peace, a critiqué mardi la décision du New York Times de bannir les caricatures politiques de ses éditions internationales, et s’est dit persuadé que le prestigieux quotidien renoncerait à ce choix. 

Le dessinateur est convaincu que le journal, qui s’est « aplati devant les réseaux sociaux en s’excusant plusieurs fois d’avoir publié un dessin », va « se ressaisir » et dire qu’il a eu « tort de se séparer des dessinateurs, car on ne peut pas imaginer des journaux sans les images d’opinion », a réagi Jean Plantu, interrogé par l’AFP. 

« L’humour et les images dérangeantes font partie de nos démocraties », a estimé le caricaturiste historique du journal Le Monde. À travers l’association Cartooning for peace (créée en 2006 avec Kofi Annan), et avec l’ONG Reporters sans frontières (RSF), Plantu mène justement une campagne pour que le dessin de presse soit reconnu par l’Unesco comme un droit humain fondamental. 

Le New York Times a annoncé lundi qu’il ne publierait plus de dessins politiques dans son édition internationale, un peu plus d’un mois après une polémique liée à une caricature jugée antisémite. Ces dessins sont déjà bannis de son édition américaine depuis plusieurs années. 

« C’est aussi crétin que si on demandait aux enfants le jour de la fête des mères de ne plus faire de dessins pour leurs mamans », a estimé le dessinateur de presse, interrogé par l’AFP, avant d’exprimer sa solidarité à l’égard de ses confrères travaillant pour le New York Times parmi lesquels Antonio Moreira Antunes, dont la caricature est à l’origine de cette décision controversée. 

« Comme nous avons soutenu le dessinateur Antonio qui avait été censuré par le New York Times (...), l’association Cartooning for peace soutient le dessinateur Patrick Chappatte », qui collabore lui aussi avec le journal américain, a souligné Plantu. 

« Comme Patrick a un immense talent, nous ne sommes pas inquiets pour son avenir », mais en revanche « nous sommes inquiets pour l’avenir de nos démocraties et de la liberté d’opinion », a-t-il ajouté. 

Le responsable de la rubrique éditoriale du New York Times James Bennet a indiqué sur Twitter que le quotidien souhaitait continuer à travailler à l’avenir avec Patrick Chappatte et avec Heng Kim Song, son autre dessinateur vedette, sur d’autres formats.