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Patrice Bergeron un homme de cœur

Patrice Bergeron un homme de cœur
Photo d’archives

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BOSTON | Patrice Bergeron restait bien calme devant son casier dans un vestiaire surpeuplé de journalistes au TD Garden. Le numéro 37 des Bruins cherchait encore une fois à minimiser l’impact de son discours rassembleur tout juste avant le sixième match de la finale face aux Blues de St. Louis.

« Quand on vieillit, ça fait partie des responsabilités d’un vétéran, a dit Bergeron. Je parle toujours avec mon cœur, ça vient comme ça vient. Ce n’est rien de nouveau pour moi de parler dans le vestiaire, mais on m’en parle plus puisque les médias ont écrit sur ce sujet. »

« J’essaie de rester concentré sur la tâche, a-t-il continué. La préparation commence maintenant, il faut être prêt pour ce match et garder la routine habituelle. On peut essayer de partager ça avec les plus jeunes. Pour eux, c’est de se rendre compte que sur la glace, tu dois exécuter les mêmes choses, tu t’occupes des mêmes détails. C’est là que ça fait la différence. »

Rêve d’enfant

Après la victoire de 5 à 1 lors du sixième match face aux Blues, Charlie McAvoy avait identifié Bergeron comme l’un des grands artisans de ce triomphe. Le défenseur avait qualifié le discours de son coéquipier d’inspirant, disant qu’il avait trouvé les bons mots pour l’empêcher de se faire envahir par un sentiment de peur.

Bergeron avait résumé son envolée oratoire en quelques mots seulement.

« On est dans une situation où c’est un rêve d’enfant, il faut se rendre compte de l’occasion qu’on a. »

Le centre des Bruins tentait de se tenir loin des réflecteurs. À ses yeux, il avait simplement accompli son travail de meneur. Près de deux jours après cette sixième rencontre à St. Louis, il a encore la même philosophie. Il refuse encore de partager les grandes lignes de son discours.

« Je veux rester concentré sur le moment présent, a-t-il répliqué. Pour moi, c’est déjà du passé. Je pense au match numéro 7. Si on s’en reparle dans une semaine, je serai plus ouvert à répondre à la question. »

Larmes

Noel Acciari répondait aux questions des journalistes depuis une bonne dizaine de minutes. Il venait de faire une entrevue pour une station de radio de Boston et l’un des relationnistes des Bruins lui tirait l’oreille pour qu’il termine sa corvée du jour. Acciari a accepté de prolonger sa présence dans le vestiaire des Bruins pour revenir sur le discours de Bergeron.

« Patrice est le gars le plus humble que tu puisses trouver, a-t-il répliqué au Journal. Il place toujours l’équipe avant lui, peu importe les circonstances. Son discours était tellement inspirant avant le sixième match. Honnêtement, il y a des gars qui pleuraient en l’écoutant parler. C’était vraiment émotif. Mais nous avions besoin de ça. Patrice a placé l’équipe dans un bon état d’esprit grâce à ça. Il est un grand meneur.

« Il avait probablement pensé à ce discours depuis plusieurs années, a poursuivi l’ailier du quatrième trio des Bruins. C’était spécial. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais il a eu la générosité de partager de belles choses avec nous. »

Responsabilité partagée

Avec sa fracture à la mâchoire, Zdeno Chara ouvre encore difficilement la bouche quand il parle. Le capitaine des Bruins devait donc se réjouir de l’implication de Bergeron.

« Nous partageons cette responsabilité, a souligné le Slovaque de 42 ans. Nous avons un bon groupe de meneurs. Mais je ne resterai pas assis devant mon bureau chez moi afin de préparer le prochain discours. J’y vais plus avec mes émotions quand je me lève pour parler à mes coéquipiers. C’est une question de feeling bien souvent. Les actions ont souvent plus de poids que les mots. Mais il y a des moments où tu as besoin de parler avec tes tripes. »

Si les Bruins devaient soulever la coupe Stanley après le match ultime face aux Blues, mercredi soir, l’histoire retiendra plusieurs choses de cette conquête. Tuukka Rask aura probablement gravé son nom sur le trophée Conn-Smythe, Chara aura redéfini l’expression d’un guerrier en jouant malgré une fracture de la mâchoire et Bergeron restera celui qui s’était transformé en orateur pour motiver son équipe alors qu’elle faisait face à l’élimination en finale.