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Centre jeunesse de l’Estrie: plus de fugues au point de service du secteur Val-du-Lac

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SHERBROOKE – Le Centre jeunesse de l’Estrie a enregistré une hausse du nombre de fugues à son point de service du secteur Val-du-Lac, à Sherbrooke.

La hausse est d'environ 30 % par rapport à l'année précédente.

Le phénomène relativement nouveau, dont se préoccupent de plus en plus les responsables du centre jeunesse, c'est celui de l'exploitation sexuelle des jeunes filles.

Les mois de mai et juin sont propices aux fugues.

On en a dénombré une vingtaine cette année.

Mais la période la plus risquée demeure le mois de septembre, selon Pierre Girard, chef des services de réadaptation au Centre jeunesse de l'Estrie.

«En septembre, on reçoit habituellement bon nombre de nouveaux placements, les problèmes d'adaptation et le choc vécu par le jeune peuvent sans doute expliquer le phénomène», a-t-il dit mercredi en entrevue avec TVA Nouvelles.

La garde en milieu ouvert n'est pas une prison. Si les intervenants peuvent tenter de dissuader un jeune, ils ne peuvent pas physiquement le retenir contre son gré.

L'anxiété et la frustration sont à l'origine du trois quarts des fugues.

«On parle de réaction impulsive à une situation de frustration. On parle ici de fugue qui dure généralement moins de 24 heures; le jeune revient habituellement de lui-même», a précisé M. Girard.

D'avril 2018 à mars 2019, 210 jeunes ont fugué du point de service de Val-du-Lac.

C'est 49 de plus qu'au cours des 12 mois précédents.

Le sommet avait été atteint il y a trois ans, avec 222 fugues.

Même si le secteur Val-du-Lac est éloigné du périmètre urbain et de la région métropolitaine, les dirigeants ne peuvent ignorer l'influence que peuvent exercer les gangs de rue à distance. C'est pourquoi depuis le début de l'année, la loi permet l'utilisation de mesures d'empêchement.

«Nous avons des adolescentes qui sont à risque de tomber dans le piège de l'exploitation sexuelle. Quand on se doute que l'une d'entre elles est vulnérable, risque de fuguer et de consommer des stupéfiants, on peut prendre des mesures d'empêchement. Les critères sont stricts et doivent être temporaires dans le temps parce qu'on parle de restriction de la liberté», a expliqué M. Girard.

Le manque d'effectifs sur les listes de rappel d'employés demeure une préoccupation pour le syndicat; la direction du Centre jeunesse de l'Estrie assure toutefois que le ratio de deux intervenants par 12 adolescents est respecté, et ce, même quand la situation exige l'ouverture d'unités de débordement.