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Se réconcilier avec le « Nous »

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La tendance à faire sentir les Québécois minables est largement répandue. Même les politiciens, y compris les premiers ministres, ajoutent parfois leur voix aux vociférateurs qui les accusent de racisme et de xénophobie. Dans cette ambiance délétère, la parution du livre de Pierre Dubuc, Dans quel camp êtes-vous ? s’avère une véritable bouffée d’air frais.

Laïcité et valeurs

De la déclaration de Jacques Parizeau, le soir du référendum, sur l’incidence négative du vote ethnique, jusqu’au projet de loi 21 sur la laïcité, en passant par l’épisode de la charte des valeurs péquiste, les détracteurs de la québécitude ne manquent aucune occasion pour se montrer scandalisés de cette quête identitaire.

La majorité des Québécois se proclamant appartenir à une société distincte est pourtant favorable à un cadre juridique qui protège sa langue et sa culture. Les fédéralistes, et une certaine gauche, partisans du multiculturalisme, voudraient au contraire que le Québec francophone se fonde dans la mosaïque canadienne en une communauté comme les autres.

Fierté

Dubuc, un auteur issu de la gauche, retrace notre parcours laborieux autour de l’identité en l’associant à la quête de libération nationale d’un peuple qu’on a voulu assimiler, rappelant au passage le rapport Durham.

Pour lui, les appréhensions sur les taux d’immigration sont légitimes, indiquant au passage qu’elles sont mondiales. C’est pourquoi il n’associe pas ces craintes à un nationalisme populiste ou ethnique. Naviguant au-delà du « Nous » civique des chartistes ou ethniques de la survivance, son projet d’indépendance repose sur la reconnaissance de la nation québécoise et de ses attributs distincts, tout en s’alliant les autochtones et les communautés racisées.

Finalement, il est convaincu que les intégristes islamiques ont déclaré la guerre à l’Occident et que le projet de loi 21, tout en étant plus vaste, constitue un élément de réponse nécessaire.

Sans gêne, Dubuc choisit résolument le camp du Québec.