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Sixième blâme pour un policier de Montréal

Le patrouilleur a été invité à changer ses approches

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Le comité de déontologie recommande à un policier de Montréal qui en est à son sixième blâme de « revoir sa façon d’interagir avec les citoyens » lors de ses interventions.

Le 6 février 2017, l’agent Éric Locas a tenu des propos injurieux fondés sur la religion en disant à un automobiliste qu’il se « fout de sa prière ».

Vers 6 h 50, le policier de 25 ans d’expérience a intercepté Abdelkrim Rahal, qui circulait les phares éteints sur la rue Papineau à Montréal. La première chose que le policier lui dit est : « Shalom », soit une formule de salutation hébraïque.

M. Rahal, qui est algérien d’origine et de confession musulmane, s’est senti « visé par un acte raciste », indique-t-on dans la récente décision.

Amour-propre touché

L’automobiliste a expliqué ensuite au policier que s’il venait d’éteindre ses phares, c’est parce que le soleil se lève. L’agent Locas lui a répondu qu’il ne fait pas jour, et qu’il peut vérifier sur son téléphone à quelle heure le soleil se lève.

« J’ai dit : “Monsieur, excusez-moi, j’ai pas besoin d’un cellulaire pour savoir à quelle heure se lève le soleil. À partir [du moment] où moi, je fais ma prière, quand je sors de chez moi, [...] je sais à quelle heure se lève le soleil” », a expliqué l’automobiliste devant le comité.

C’est à ce moment que l’agent Locas lui a répliqué : « Je me fous de ta prière. »

M. Rahal a dit s’être alors senti « touché dans son amour-propre, qu’il ne s’est pas senti comme un Canadien à part entière ». Il a par la suite décidé de porter plainte.

Le comité de déontologie a conclu que les propos du policier sont « objectivement injurieux et inappropriés » et qu’ils « affectent la confiance et la considération que requiert la fonction de policier ».

Éviter des malentendus

Le comité souligne aussi que l’agent Locas « aurait intérêt à revoir sa façon d’interagir avec les citoyens pour éviter de soulever des malentendus, des quiproquos ou des procès d’intention inutiles ».

Éric Locas a reçu six blâmes à la suite de plaintes reçues de citoyens.

En 2017, il a notamment été suspendu sans solde pendant 12 jours pour s’être plaint au superviseur d’un agent de sécurité de l’attitude de ce dernier au moment de lui remettre un constat d’infraction.

En 2016, il a laissé un message dans la boîte vocale d’une automobiliste après avoir appris qu’elle avait porté plainte contre lui.

En 2015, il avait été suspendu cinq jours sans salaire pour avoir menacé et intimidé un motocycliste lors d’une intervention.