/investigations
Navigation

20 barrages ont besoin de travaux au Québec

Leurs propriétaires sont en attente du feu vert du gouvernement du Québec, parfois depuis plus d’un an

Coup d'oeil sur cet article

Une vingtaine de barrages et de digues au Québec nécessitent des travaux, mais leurs propriétaires sont toujours en attente d’une autorisation du ministère de l’Environnement pour aller de l’avant.  

Ils sont dans la même situation que l’était la Ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, dans les Laurentides, avant que sa digue végétale ne se fissure et inonde une partie de la municipalité en avril dernier.   

Certaines de ces demandes sont en attente depuis plus d’un an, révèlent les données compilées par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec à la demande de notre Bureau d’enquête.   

Des propriétaires de ces ouvrages, comme Hydro-Québec, se veulent rassurants et affirment trouver les délais raisonnables, tandis que d’autres s’impatientent ouvertement et commencent à s’inquiéter.   

Par exemple, sur la Côte-Nord, à la Pourvoirie du Domaine du lac Bernier, on attend une réponse depuis mars 2018 afin de pouvoir procéder à la réfection complète de deux barrages datant des années 1950.   

Un certain niveau de risque  

« Présentement, on est rendu à un certain niveau de risque. Si les barrages cédaient, c’est sûr qu’il y aurait plein d’impacts négatifs sur l’environnement et la faune, comme l’ensablement de frayères », a indiqué Nicolas Moreau, de Vacances Essipit, qui gère la pourvoirie.    

À Saint-Donat, on attend la réponse à des demandes pour deux barrages différents qui doivent subir une cure de jeunesse « nécessaire ».   

« On a vraiment hâte de débuter les travaux. [...] On est allé en appel d’offres et la seule chose qui nous manque pour faire les travaux cet été pour ces deux barrages-là, ce sont les certificats d’autorisation », a indiqué le maire de cette municipalité de Lanaudière, Joé Deslauriers.   

« En raison de la protection de la faune, les travaux dans les cours d’eau doivent se faire obligatoirement entre le 15 juin et le 15 septembre. La fenêtre est donc courte. »   

Pour la sécurité  

Le maire Deslauriers a confiance de recevoir les autorisations à temps, mais il affirme que d’autres municipalités voisines trouvent les démarches longues lorsque vient le temps d’obtenir l’accord du ministère.    

« Quand on parle de barrages municipaux, on touche la protection des citoyens. Dans toutes les réformes que le gouvernement prépare actuellement, il pourrait alléger les processus pour l’obtention de ce genre de certificat », dit-il.   

L’autorisation du ministère est obligatoire avant d’entreprendre des travaux qui pourraient avoir un impact sur des cours d’eau.   

À Sainte-Marthe-sur-le-Lac, là où 2500 maisons ont été inondées ce printemps, la mairesse Sonia Paulus avait indiqué être en attente d’un certificat d’autorisation pour que la digue puisse être solidifiée. Le projet a depuis été retiré pour permettre la conception d’une structure plus haute.    

Peu de réponses  

Pourquoi le ministère de l’Environnement a-t-il un tel retard pour ce genre de demandes ? Questionné à ce sujet, un porte-parole a succinctement expliqué par courriel que les « délais dépendent de plusieurs variables ».   

Selon la nature du projet, ceux-ci peuvent aller de 75 jours à 18 mois pour les projets majeurs. Il est possible de se soustraire à ce processus seulement lorsque des travaux urgents sont requis.   

Par ailleurs, le ministère, qui est propriétaire de plusieurs de ces barrages, assure surveiller étroitement ses installations.   

Pour ce qui est des structures privées, l’entretien et le monitorage des barrages reviennent entièrement au propriétaire.    

Ces sites doivent être réparés      

  •  Barrage Cousineau | Labelle, dans les Laurentides   
Barrage Cousineau
Photo courtoisie, MELCC
Barrage Cousineau

   

  •  Barrage Mère d’Youville | Mont-Tremblant, dans les Laurentides   
Barrage Mère d'Youville
Photo courtoisie, MELCC
Barrage Mère d'Youville

   

  •  Barrage Théodore | Val-Morin, dans les Laurentides   

   

  •  Barrage du Lac Baribeau | Saint-Donat, dans Lanaudière   

   

  •  Barrage du Lac du Pimbina | Saint-Donat, dans Lanaudière   

   

  •  Barrage Simon-Sicard | Montréal   
Barrage Simon-Sicard
Photo Martin Chevalier
Barrage Simon-Sicard

   

  •  Barrage Lajeunesse | La Tuque, en Mauricie   

   

  •  Barrage de l’Ouest | La Tuque, en Mauricie   

   

  •  Barrage en Croix | Saint-Mathieu-du-Parc, en Mauricie   

   

  •  Barrage Sincennes | La Tuque, en Mauricie   

   

  •  Barrage Dixon | Les Lacs-du-Témiscamingue, en Abitibi-Témiscamingue   

   

  •  Barrage du Lac Bernier | Lac-au-Brochet, sur la Haute-Côte-Nord   

   

  •  Barrage Polette | Lac-au-Brochet, sur la Côte-Nord   

   

  •  Barrage Dasserat | Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue   

   

  •  Barrage des Marches-Naturelles | Québec   

   

  •  Barrage du Ruisseau-Rouge (site historique) | L’Isle-aux-Coudres, Charlevoix   

   

  •  Barrage Bird | Pont-Rouge, dans la région de la Capitale-Nationale   
Barrage Bird
Photo courtoisie, MELCC
Barrage Bird

   

  •  Réservoir Rouge | Saint-Didace, dans la région de Lanaudière   

   

  •  Digue de la centrale des Cèdres | Les Cèdres, Montérégie   

   

  •  Digue Murdock-Wilson | Saguenay