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Anglos/francos à la même école?

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Beaucoup de grogne dans la communauté anglophone. Le projet de loi 21 répugne au point qu’un maire de banlieue prône la désobéissance civile. Et il y a l’affaire des trois écoles de la Commission scolaire English Montreal qui deviendront des écoles francophones en septembre pour combler un manque d’espace, et qui a viré à la querelle linguistique.

Alors que c’est mathématique.

Je me suis déjà battue pour que l’école Paul-Gérin-Lajoie d’Outremont de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeois ne soit pas forcée d’occuper des locaux dans le Outremont High School. Je sais ce que représente la perte d’une école pour les élèves, les parents, les profs et la communauté. C’est une perturbation majeure. Mais ma pensée a évolué.

Permettez-moi cette audace : et si, dans un esprit de promotion agressive du français et de la culture québécoise, nous mettions dans un espace scolaire partagé – de manière intelligente – des élèves anglos et francos ? Avec des balises, des obligations et des objectifs clairs. Et des classes séparées.

Pourquoi pas ?

Je ne vois pas pourquoi les élèves francophones, leur langue et leur culture ne deviendraient pas LE pôle d’attraction de cette école. L’anglais cartonne, mais il n’est pas écrit dans le ciel qu’une telle cohabitation serait nécessairement néfaste pour eux.

On ne pourrait imposer la fréquentation de cette école, mais tant qu’à multiplier les programmes particuliers, pourquoi pas une école linguistiquement hybride ? Les élèves francophones deviendraient bilingues et les anglophones, des Québécois.

Le côté minoritaire-victimaire de la défense du français m’a toujours déplu. « Pauvres de nous. On va se faire manger tout rond par les Anglais », etc. Je crois que la promotion du français devrait occuper autant d’espace que sa protection.

Au lieu de toujours brandir le bâton, pourquoi ne pas essayer une carotte OGM deux couleurs pour faire changement ?