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Dans l’angle mort du PLQ

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Le scrutin du 1er octobre fut historique. La CAQ remportait sa première victoire. Les deux « vieux » partis subissaient la pire défaite de leur existence. Le changement de cycle politique fut radical. Au PQ, la résurrection est pénible. En cette fin de session houleuse, les libéraux sont tout aussi tristounets.

Il faut dire que les candidats de qualité à leur future chefferie se font rares. Plus grave encore, pour la première fois, le PLQ est carrément menacé en tant que parti de pouvoir. Ceci expliquant cela. Comme analyse, on pointe uniquement l’exode dramatique de son vote francophone vers la CAQ.

Un facteur majeur dans la chute du PLQ, c’est sûr. À moyen terme, un autre facteur dont on ne parle pas risque pourtant de lui nuire tout autant. Celui-là se cache dans l’angle mort du PLQ. Je parle ici de l’érosion déjà enclenchée de l’appui des milieux d’affaires.

Érosion

Car après le vote anglophone et allophone, et peut-être même avant celui-ci, le soutien fidèle des gens d’affaires a toujours été déterminant pour le PLQ. Que ce soit pour le financement ou leurs puissants réseaux d’influence. Le soutien des milieux d’affaires s’expliquait facilement.

Comme eux, le PLQ est fédéraliste et affairiste. Or, la « menace séparatiste » n’existe plus. Le gouvernement caquiste est certes nationaliste, mais il est fédéraliste. Qui plus est, le premier ministre François Legault est lui-même un ancien entrepreneur. La fibre entrepreneuriale est au cœur de son ADN politique.

Surplace

Dans un tel contexte, pour les gens d’affaires soutenir le PLQ n’est plus une nécessité. Ni sur le plan politique ni sur le plan économique. Pour les libéraux, cette nouvelle donne, si elle se maintient, s’annonce dévastatrice.

Sans le vote francophone, le PLQ est amputé de sa jambe gauche. Sans la fidélité agissante des milieux d’affaires, il perd sa jambe droite. En termes électoraux, tout ça risque fort de le condamner à faire du surplace pour longtemps.