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La «miraculée de Noël» donnera la vie

Sabryna Mongeon, rencontrée cette semaine à Laval.
Photo Martin Alarie Sabryna Mongeon, rencontrée cette semaine à Laval.

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«Il y a un peu plus d’un an, je ne savais pas si j’allais vivre, et là, je vais donner la vie!»   

– Sabryna Mongeon, Quadruple amputée  

Il y a de ces histoires que l’on se doit de raconter. Celle que je vous présente aujourd’hui est de celles-là pour des raisons toutes simples. Elle fait du bien et donne espoir en la vie. Une leçon de résilience qui démontre que la joie et le bonheur peuvent se pointer le bout de nez après une épreuve intense et douloureuse de laquelle on ne pensait jamais se remettre.  

Vision de la vie kitch, quétaine, sirupeuse?    

Les plus cyniques pourront y aller de ces qualificatifs. Mais, pour moi et tous ceux et celles à qui je raconte cette histoire, le rétablissement de Sabryna Mongeon, son goût de vivre et ses espoirs envers le futur sont des exemples à suivre et des antidotes au fatalisme.  

Après son accident, Sabryna a ressenti une urgence de vivre, un feu qui m’a positivement contaminée et qui provoque chez moi l’urgence de raconter son histoire.  

La miraculée de Noël   

La veille de Noël 2017, Sabryna Mongeon vit l’horreur avec un grand H. En rentrant chez elle après une soirée entre amis, elle fait une sortie de route sur un chemin de campagne de l’Outaouais et emboutit un poteau électrique.  

La jeune femme est électrocutée en sortant de son véhicule. Son pied droit explose sous l’impulsion. Pendant plusieurs heures, elle reste ainsi grièvement blessée dans un froid mordant sans que personne ne passe sur les lieux de l’accident.   

Quand un bon samaritain la trouve, six heures après l’embardée, son corps est en hypothermie, ses membres gelés. Pour lui sauver la vie, ses deux jambes et ses deux bras sont amputés. Sabryna reste deux mois aux soins intensifs du CHUM.  

«Chaque soir, je pensais mourir», se rappelle Sabryna en revisitant ses souvenirs de l’hôpital. L’une des premières questions posées par celle que l’on surnomme désormais «la miraculée de Noël» était de savoir si elle pourrait un jour avoir des enfants...  

S’en est suivi un très long processus de réadaptation à l’Institut Gingras-Lindsay-de-Montréal. La quadruple amputée doit réapprendre à vivre, à fonctionner et à accepter ce nouveau corps si jeune et pourtant si meurtri.  

C’est dans le cadre d’un projet sur la réadaptation physique que j’ai rencontré Sabryna. Après un test caméra plus que convaincant, je l’ai engagée pour être l’animatrice d’une série que je réalise sur la réadaptation des grands accidentés ; projet qui sera diffusé sur la chaîne AMI-Télé. Je l’ai choisie entre plusieurs candidats, car Sabryna perce l’écran, est hyper attachante et d’une touchante authenticité.  

Or, voilà qu’il y a quelques jours, elle m’a fait la confidence qu’elle était enceinte de 18 semaines! Cette nouvelle vie qui pousse dans son corps la remplit de joie et de gratitude. Après son épreuve innommable, le bonheur s’est présenté alors qu’elle ne s’y attendait absolument pas.   

La vie nous réserve parfois de bienheureuses surprises...  

Lorsqu’elle habitait au centre de réadaptation, la jeune femme a, en effet, rencontré un autre résident avec qui elle vit une inspirante histoire d’amour. Le militaire Jonathan Primeau était cloué à un fauteuil roulant à cause d’une maladie auto-immune. Après un premier baiser échangé, fauteuils roulants collés, le jeune homme s’est remis à marcher!  

La jeune femme de 20 ans est aujourd’hui enceinte, au plus grand bonheur des futurs parents. Dans deux semaines, elle connaîtra le sexe de son bébé à naître. «Ça arrive à un bon moment dans ma vie, je commençais à trouver que mon existence était trop calme», dit-elle, le sourire dans la voix.  

Au mois d’août, Sabryna commencera la formation «Parents plus» au Centre Lucie-Bruneau de Montréal. Des cours dédiés aux futurs parents en situation de handicap. Dans ces ateliers, les femmes apprennent notamment à manier différents équipements qui les aideront à s’occuper de leur bébé, à donner des soins à leur progéniture de façon sécuritaire et à aménager leur espace de vie pour l’arrivée de leur bébé.   

Sabryna sait que devenir maman ne sera pas de tout repos. C’est vrai pour nous toutes, mais particulièrement pour elle qui est une quadruple amputée.  

Mais la jeune femme a des atouts que nous n’avons justement pas toutes. Elle est hyper bien entourée et, surtout, elle est profondément convaincue qu’elle peut traverser à peu près n’importe quelle épreuve.   

Et cela est une force bien plus puissante que d’avoir des bras et des jambes...