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Un geste désespéré d’un sinistré de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

L’homme de 38 ans avait tenu des propos menaçants dans une vidéo sur le web

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Le sinistré désespéré qui a foncé mercredi soir dans le centre communautaire de Sainte-Marthe-sur-le-Lac avec sa voiture avait tenu des propos menaçants envers le gouvernement dans une vidéo mise en ligne il y a quelques semaines.

Jean-François Chénier a comparu hier après-midi au palais de justice de Saint-Jérôme.

Il a été accusé d’agression armée avec son véhicule contre des employés du ministère de la Sécurité publique (MSP) et de la Croix-Rouge, de conduite dangereuse et de méfait de plus de 5000 $.

L’homme de 38 ans a été envoyé en évaluation psychiatrique pour une durée de 30 jours afin d’établir sa responsabilité criminelle dans cette affaire et voir s’il serait apte à subir un éventuel procès.

Selon nos informations, il se serait emporté alors qu’il réclamait des sommes pécuniaires pour de l’aide après l’inondation subie le 27 avril, lors de la rupture de la digue de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, dans les Laurentides.

À ce moment, il a démontré des signes d’agressivité au point que les policiers de la Régie de police du lac des Deux-Montagnes ont été appelés sur les lieux pour lui demander de partir. Il aurait commis son geste peu après.

L’enquête a été reprise hier par le service des crimes majeurs de la Sûreté du Québec, puisque des gens du MSP sont impliqués.

Le sinistré Jean-François Chenier a foncé mercredi soir avec son véhicule dans le centre communautaire de Sainte-Marthe-sur-le-Lac après s’être emporté contre des employés du ministère, à qui il réclamait de l’aide financière.
Photo Agence QMI, Erik Peters
Le sinistré Jean-François Chenier a foncé mercredi soir avec son véhicule dans le centre communautaire de Sainte-Marthe-sur-le-Lac après s’être emporté contre des employés du ministère, à qui il réclamait de l’aide financière.

Acte de désespoir

L’acte commis par le résident de la 20e Avenue a énormément surpris les gens du voisinage avec qui Le Journal a pu s’entretenir, même si l’homme leur avait exprimé plusieurs frustrations quant au processus d’indemnisation.

D’autres sinistrés venus assister à la comparution de Chénier ont plutôt dit « comprendre le geste », même s’ils ne l’approuvaient aucunement.

« Même moi, je suis déjà parti de là furieux. C’est un acte de désespoir, c’est le choc post-traumatique vis-à-vis de la situation. Ça l’a mis en maudit de ne pas se faire aider », a affirmé Steven Proulx, qui connaît l’accusé.

« C’est pas le seul qui a eu des problématiques avec eux. Ça aurait pu être quelqu’un d’autre que lui qui fasse ça », a estimé Pol Sareault.

En colère

Chénier avait publié une vidéo sur YouTube, le 25 mai, où il signifiait sa colère envers le gouvernement du Québec.

« Vous nous avez réinondés une deuxième fois. Cette fois-ci à grand coups de bureaucratie, de procédures, de protocoles et de documents », s’insurge-t-il.

Le ton est plus menaçant à la fin, s’il n’est pas remboursé.

« Vous allez payez d’une façon où d’une autre. [...] Agissez de bonne foi où assumez en les conséquences. Je n’oublie pas », a-t-il notamment écrit.

L’homme reviendra en cour le 15 juillet. Le rapport d’évaluation déterminera pour lui la suite des procédures.


► Les sinistrés qui ont besoin d’aide peuvent joindre l’équipe de soutien psychosocial en composant le 811.

 

Des réactions

« C’est une histoire très triste. On comprend très bien la détresse des sinistrés, notamment de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, mais ce genre de geste est inacceptable »

– Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique

« C’est un geste isolé. [...] On est vraiment chanceux qu’il n’y ait pas eu de mort ou de blessé dans cette histoire. C’était probablement quelqu’un de déprimé. Moi, j’invite tous les citoyens qui se sentent en détresse à ne pas hésiter à aller voir les intervenants, ils sont là pour ça »

– Sonia Paulus, mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

« On sait qu’une fois l’état d’urgence passé, la détresse peut être plus présente chez nos citoyens. C’est variable d’une personne à l’autre. [...] Au début, on faisait de 350 à 450 interventions par jour. On a fait beaucoup de porte-à-porte »

– Sandra Cormier, responsable des urgences psychosociales au CISSS des Laurentides

« Des éléments de la preuve nous amenaient à avoir des questionnements quant à l’état mental de monsieur, mais le rapport pourra nous en dire plus »

– Marie-Philippe Tremblay, avocate de la défense

« Je n’approuve pas ce qui a été fait, mais la situation cause beaucoup de stress et d’anxiété. Il n’y a aucun programme d’aide vraiment conçu pour nous »

– Pol Sareault, sinistré