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La pression est sur le Mexique et les États-Unis

Vont-ils continuer de dominer la Gold Cup qui commence samedi?

À la barre de l’équipe du Mexique, Tata Martino mise sur une bande de jeunes loups qui ont beaucoup à montrer à  la classique de la Gold Cup.
Photo USA Today Sports À la barre de l’équipe du Mexique, Tata Martino mise sur une bande de jeunes loups qui ont beaucoup à montrer à la classique de la Gold Cup.

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La Gold Cup se met en branle samedi et on se demande si c’est l’année où le tournoi prendra un virage.

Pourquoi ? Parce que depuis presque 20 ans, la compétition continentale organisée par la CONCACAF est l’affaire de deux nations, les États-Unis et le Mexique.

Il faut remonter à 2000 pour voir un autre pays l’emporter et c’était le Canada, qui n’a rejoué en demi-finale qu’une seule fois depuis cette victoire.

Depuis l’édition 2002, les Américains ont soulevé le trophée à cinq reprises contre quatre victoires dans le camp mexicain.

Changement de garde

La porte est cependant ouverte à un changement de garde puisque la sélection américaine traverse une période de transition depuis qu’elle a échoué dans sa tentative de se qualifier pour la Coupe du monde de l’an dernier.

L’équipe va disputer un premier tournoi majeur sous l’égide du sélectionneur Gregg Berhalter, l’ancien entraîneur du Crew de Columbus. Et les matchs préparatoires n’ont pas été bien convaincants.

Dans le camp mexicain, c’est désormais Tata Martino qui mène la barque. C’est lui qui a dirigé l’Atlanta United FC vers la conquête de sa première coupe MLS à sa seconde saison dans le circuit, en décembre dernier.

Il sera privé de plusieurs éléments importants, dont Hirving Lozano, Javier Hernandez et Carlos Vela, mais la formation n’a pas montré de signes de ralentissement.

Succession

Mais si les Américains et les Mexicains devaient trébucher, qui pourrait aspirer à prendre la relève ?

À première vue, le Costa Rica a les munitions pour causer la surprise malgré un passage difficile à la Coupe du monde l’année dernière.

Pour la première fois depuis une éternité, on peut aussi mentionner le nom du Canada dans la liste des pays qui peuvent prétendre à aller loin.

En effet, sous la direction de John Herdman, la sélection canadienne commence à faire des vagues d’autant plus qu’elle est inspirée par de nombreux jeunes joueurs au talent débordant.

Des changements

Par ailleurs, cette édition de la Gold Cup présente un format modifié puisqu’on comptera quatre groupes de trois équipes pour un total de 16 formations alors qu’il n’y en avait que 12 lors des éditions précédentes.

C’est donc dire que les deux premiers de chaque groupe passeront à la ronde éliminatoire.

Fini donc les places en phase finale pour les deux équipes de troisième place ayant obtenu la meilleure fiche en phase de groupe.

Ce n’est pas tout, pour la première fois depuis que le tournoi existe, des matchs seront présentés en dehors de l’Amérique du Nord puisque tous les tournois précédents ont été organisés par les États-Unis, le Mexique ou le Canada.

Cette fois-ci, il y aura un programme double au Costa Rica de même qu’un autre en Jamaïque.

Et finalement, on peut dire que la MLS va laisser son empreinte sur la compétition puisque ce sont 59 joueurs issus de formations du circuit Garber qui porteront les couleurs de l’une ou l’autre des 16 sélections.

Les joueurs à surveiller

Omar Browne | Panama

À la barre de l’équipe du Mexique, Tata Martino mise sur une bande de jeunes loups qui ont beaucoup à montrer à  la classique de la Gold Cup.
Photo Pierre-Paul Poulin

 

On ne le connaissait pas avant qu’il se pointe le nez chez l’Impact et même s’il a encore besoin de parfaire son jeu avec et surtout sans le ballon, on a vite compris qu’il était en mesure de transformer un match avec un ou deux gestes de génie dans le dernier tiers adverse.

Christian Pulisic | États-Unis

À la barre de l’équipe du Mexique, Tata Martino mise sur une bande de jeunes loups qui ont beaucoup à montrer à  la classique de la Gold Cup.
Photo AFP

 

Il n’a que 20 ans, mais il est peut-être mûr pour éclore sur la scène internationale après avoir fait écarquiller les yeux avec le Borussia Dortmund en Allemagne, de telle sorte que Chelsea a remué ciel et terre pour l’enrôler. L’équipe américaine est en transition et c’est possiblement l’homme pour assurer qu’elle se fasse en douceur.

Alphonso Davies | Canada

À la barre de l’équipe du Mexique, Tata Martino mise sur une bande de jeunes loups qui ont beaucoup à montrer à  la classique de la Gold Cup.
Photo AFP

 

On ne peut pas mettre tous les espoirs du Canada sur les épaules d’un adolescent de 18 ans, mais il est difficile de ne pas s’emballer quand on regarde Davies jouer. Il est puissant, intelligent avec la balle et dynamique. On comprend mieux pourquoi Bayern Munich a versé un transfert historique pour l’obtenir l’hiver dernier.

Darren Mattocks | Jamaïque

À la barre de l’équipe du Mexique, Tata Martino mise sur une bande de jeunes loups qui ont beaucoup à montrer à  la classique de la Gold Cup.
Photo AFP

 

Il n’a peut-être pas eu autant d’impact qu’il l’aurait souhaité lorsqu’il a été repêché en 2012, mais il reste tout de même que l’attaquant est explosif et qu’il est en mesure de mettre certaines défensives dans le pétrin. Est-il en mesure d’élever son jeu d’un cran lors de cette compétition continentale d’envergure ?

Samuel Piette | Canada

À la barre de l’équipe du Mexique, Tata Martino mise sur une bande de jeunes loups qui ont beaucoup à montrer à  la classique de la Gold Cup.
Photo Pierre-Paul Poulin

 

Il n’a que 24 ans et il en est déjà à sa quatrième participation à la Gold Cup. Lors de l’édition 2017, il a si bien joué que ses prestations ont convaincu l’Impact de le ramener au bercail et depuis, il fait un boulot impeccable entre la défensive et l’attaque et on n’en attend pas moins lorsqu’il porte le maillot canadien.

Les Groupes

Groupe A

  • Canada
  • Cuba
  • Martinique
  • Mexique

Groupe B

  • Bermudes
  • Costa Rica
  • Haïti
  • Nicaragua

Groupe C

  • Curaçao
  • Honduras
  • Jamaïque
  • Salvador

Groupe D

  • États-Unis
  • Guyana
  • Panama
  • Trinité-et-Tobago

On peut essentiellement dire que ce groupe est une lutte à trois pour obtenir la place qui donnera accès à la phase éliminatoire. Pourquoi ? Simplement parce que le Mexique pourrait tout aussi bien recevoir l’autre billet par la poste.

En effet, à moins d’un faux pas, le Mexique se qualifiera relativement facilement pour la prochaine ronde de la compétition.

Le Canada va donc en découdre avec Cuba et la Martinique pour tenter de passer à la prochaine ronde et surtout d’aller plus loin que les quarts de finale qu’il a atteints en 2017.

Le Canada est la seule nation autre que les États-Unis et le Mexique à avoir remporté le tournoi, mais c’était en 2000. Les choses pourraient toutefois changer sous la férule de John Herdman, qui a été brillant à la barre de l’équipe féminine canadienne, et qui dirigera les hommes lors d’une première compétition d’envergure.

Cuba ne s’est pas qualifié lors de l’édition 2017, mais a connu une bonne campagne qualificative et, fait intéressant, pour la première fois depuis un bon moment, l’alignement n’est pas composé de joueurs évoluant uniquement dans l’île de Castro, huit des 23 joueurs évoluent en République dominicaine, au Guatemala et au Panama. La formation cubaine va subir son test le plus sérieux d’entrée de jeu contre le Mexique, ça donnera une bonne indication de la valeur de cette équipe.

Sans dire que la Martinique fera office de figurante, il est difficile de la voir sortir du groupe, considérant les autres postulants.

Le Mexique a remporté la Gold Cup à sept reprises, un record. Il s’agira d’une première sortie officielle sous la direction de Tata Martino, ancien entraîneur-chef d’Atlanta United. L’équipe est toutefois en transition après une Coupe du monde décevante l’an passé. Malgré tout, le Mexique devait aisément obtenir son billet pour la ronde suivante.

On parle possiblement du groupe le plus facile de la compétition, surtout pour le Costa Rica qui devrait survoler le groupe très facilement et on imagine mal le petit pays ne pas remporter ses trois matchs.

Tout va se jouer entre le Nicaragua et Haïti pour obtenir l’autre laissez-passer pour la ronde éliminatoire. C’est donc dire que tout risque de se jouer le 20 juin lors de l’affrontement entre ces deux pays à Frisco, au Texas.

Il y a un peu d’histoire entre les deux nations puisque le Nicaragua a battu Haïti en qualification de la Gold Cup 2017, obtenant son billet et privant les Haïtiens d’une participation. Et tout ça en raison de trois buts marqués après la 81e minute lors du match retour de l’affrontement qualificatif. Haïti a donc des comptes à régler.

Les Bermudes vont s’employer à ne pas se faire déclasser et c’est donc une bénédiction d’être tombé sur un groupe comme celui-ci qui ne sera pas trop coupe-gorge.

Voici un groupe très intéressant où les matchs seront vivement disputés puisque trois nations peuvent aspirer à passer à la ronde suivante pour seulement deux places disponibles. Ça sera sans l’ombre d’un doute le groupe le plus intéressant à surveiller.

Sur le plan historique, une très chaude rivalité oppose le Honduras au Salvador, le genre de rivalité qui a mené à des émeutes en 1969.

Les deux pays d’Amérique centrale partent favoris pour prolonger leur tournoi au-delà de la phase de groupe, mais ça serait bien injuste de rejeter la Jamaïque du revers de la main.

Les Reggae Boyz comptent sur une formation talentueuse et expérimentée et il ne faut surtout pas oublier qu’ils ont atteint la finale contre les États-Unis, il y a deux ans, match qu’ils ont perdu de façon très serrée par la marque de 2 à 1.

Pendant ce temps, le pauvre Curaçao va surtout tenter de limiter les dégâts dans un groupe où il n’a absolument aucune chance d’aller plus loin même s’il sera un adversaire qui ne s’en laissera aucunement imposer.

Les États-Unis sont les champions en titre, mais ils sont sous la gouverne d’un nouveau sélectionneur, Gregg Berhalter, qui tente encore d’imposer son système de jeu.

Les Américains vont avoir des comptes à régler avec Trinité-et-Tobago qui les a privés d’une participation à la dernière Coupe du monde en les battant lors des qualifications, ce qui a ouvert la porte à la qualification du Panama, qui se retrouve dans ce même groupe. Un scénariste de

Hollywood n’aurait pas pu organiser un meilleur tirage au sort.

Malgré tout ça, on peut présumer que les Américains vont poursuivre leur chemin avec une équipe majoritairement composée de joueurs de la MLS.

Pendant ce temps, Trinité-et-Tobago et le Panama vont se battre pour l’autre place disponible et le match entre les deux équipes, le 18 juin, sera des plus intéressants.

Le Guyana risque d’avoir son mot à dire simplement parce que tout pourrait se décider sur le différentiel de but entre Trinité-et-Tobago et le Panama. C’est donc dire que leur match respectif contre le Guyana pourrait jouer un rôle plus important qu’anticipé dans l’univers de ce groupe D.