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Plus qu’un concours de popularité

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Même si la plupart des 24 candidats actuels à l’investiture démocrate pour la présidence en 2020 auront quitté la course dans quelques mois, les grandes questions qui divisent le parti et qui animent cette course, elles, resteront présentes jusqu’à la fin.

Il reste encore plus de 500 jours avant le 3 novembre 2020, mais 24 démocrates se disputent déjà l’occasion de déloger Donald Trump.

La couverture des primaires met beaucoup l’accent sur les personnalités des candidats, mais ce n’est pas ça qui déterminera le vote final.

Comme les électeurs votent d’abord pour le parti, il faut voir les primaires non seulement comme l’occasion pour le Parti démocrate de se choisir un candidat, mais aussi comme celle de se définir devant l’électorat.

Image de renouveau

En 2016, les républicains ont misé sur un candidat anti-establishment qui incarnait le changement, et les démocrates ont fait le choix inverse. On connaît la suite.

Pour 2020, tous les candidats sauf Joe Biden disent incarner le changement du parti, mais après quatre ans de chaos, l’électorat pourrait voir d’un bon œil un candidat qui, tout en mettant un point final à l’ère Trump, marquerait le retour d’une certaine stabilité.

Le vent de changement est fort, mais l’étroite association entre Biden et l’image largement positive de l’ex-président Obama sera pour lui un atout.

Idées et valeurs

Une bonne partie du vent de changement vient de la gauche résolument interventionniste et écologiste du parti, menée entre autres par Elizabeth Warren et ­Bernie Sanders. L’électorat est-il prêt à aller d’un extrême à l’autre ?

Alors que l’économie se porte relativement bien, l’électorat modéré ne sera peut-être pas nécessairement d’humeur à prendre le risque d’un virage trop radical.

Plus que les politiques économiques et sociales, ce sont les valeurs sociales et culturelles qui distinguent le plus les démocrates des républicains.

Certains démocrates sont déterminés à jouer à fond la carte identitaire culturelle, notamment du côté des minorités ethnoraciales et de l’électorat urbain progressiste.

Toutefois, un démocrate ne peut pas gagner la présidence en ­s’aliénant la totalité de l’électorat blanc, rural et culturellement conservateur.

Le style partisan

Certains prétendent qu’on ne peut battre la partisanerie radicale des républicains qu’en lui opposant le même style partisan, centré sur le noyau dur de la base partisane.

Ainsi, la gauche démocrate associe une politique d’ouverture envers les républicains à une sorte de désarmement unilatéral. C’est vrai, mais si une stratégie de blocage systématique convient à un parti qui souhaite minimiser l’État, un programme législatif de gauche ne peut pas se faire sans collaboration au Congrès.

Finalement, une campagne primaire acrimonieuse risque ­d’alimenter les divisions. Si ­l’élection primaire devient une foire d’empoigne, Donald Trump en sortira gagnant.

Bref, en observant la campagne démocrate qui s’amorce, il est aussi important de porter attention aux idées, aux valeurs et au style de politique partisane qui l’emportera que de savoir lequel des candidats aura le dessus.