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Toujours perfectionniste

Le rockeur Michel Pagliaro explique pourquoi il ne tolère pas les demi-mesures chez ses musiciens

Michel Pagliaro n’a rien perdu de ses exigences, ni de sa passion.
Photo Stevens Leblanc Michel Pagliaro n’a rien perdu de ses exigences, ni de sa passion.

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À 70 ans, Michel Pagliaro ne lève pas le pied de la pédale. Perfectionniste maniaque, il continue d’exiger de lui-même autant que des musiciens qui jouent avec lui rien de moins que le meilleur. « Si tu n’es pas capable de jouer comme si ta vie en dépendait, tu n’as pas d’affaire là », tranche l’indomptable rockeur.

Une entrevue avec Pag peut partir dans toutes les directions.

La semaine dernière, lors d’une journée de promotion en vue d’un concert au festival Folk Expression, ce soir, le vétéran musicien a repoussé les questions à propos de son prochain album, attendu depuis des lustres.

« On en parlera quand ça va sortir », a-t-il martelé, les yeux cachés derrière ses verres fumés, avant de suggérer de jaser de son concert.

Donner de la vie

Il s’est donc mis à raconter qu’il se pointera en duo avec Corey Diabo pour une performance acoustique qui s’appuiera, sans surprise, sur plusieurs de ses grands succès, quand la conversation a dévié sur sa vision de l’art et de son métier.

Et Pagliaro d’expliquer pourquoi il déteste les demi-mesures.

« La musique, c’est de l’air, c’est rien. Si tu ne lui donnes pas une attention particulière, ben, c’est de la soupe. C’est du ordinaire. Le gars l’a entendu mille fois la toune, mais tu as quand même réussi à aller le chercher. Pourquoi ? Parce que tu lui as donné assez de vie pour le stimuler. »

À la limite de la folie

Des gens qui l’entourent, Pagliaro demande un souci du détail maniaque, à la limite de la folie. Pour rendre la musique importante, clame-t-il.

Chaque note compte. Ceux qui ne suivent pas sa ligne de conduite sont invités à aller voir ailleurs.

« Je travaille avec différents musiciens et quand ça ne va pas, je leur dis. Et quand ça ne va vraiment pas, on se quitte.

« Je ne suis pas méchant, assure tout de suite le créateur de J’entends frapper. Je ne suis pas facile à plaire, mais j’aime mieux encourager que de démolir. »

D’ailleurs, dit-il, des gens qu’il a dégommés lui avoueraient parfois, quelques années plus tard, avoir bénéficié de ses conseils.

Ce qui revient à dire que ses mots ont très bien fait la job.


► Michel Pagliaro sera en concert à la place de la FAO de Québec, ce soir, dans le cadre du festival Folk Expression.