/misc
Navigation

Bill Clinton, Donald Trump: des individus du même acabit ?

Bill Clinton, Donald Trump: des individus du même acabit ?
Getty Images

Coup d'oeil sur cet article

D’abord un avertissement de parti pris : je déteste Bill Clinton que je considère être un individu ignoble. Mais rassurez-vous. Pas aussi méprisable que l’actuel président des États-Unis que je place dans une classe à part. 

Bon je vois votre air dubitatif. Vous pensez que Bill Clinton est un gars plutôt jovial et sympathique quand on le compare à Trump. L’affaire Lewinsky, me direz-vous, est une peccadille. Le fait qu’il se soit parjuré pour tenter de dissimuler le scandale, ça vous importe peu. Rappelez-vous : il niait avec une assurance hautaine toute relation sexuelle avec Lewinsky jusqu’à ce qu’une tache de sperme présidentiel sur une de ses robes apporte la preuve indubitable de son mensonge. 

Il traînait déjà un lourd passé de prédateur sexuel. Lorsqu’il a quitté la présidence, Clinton s’était endetté de millions de dollars en frais judiciaires pour se défendre contre des accusations d’inconduites sexuelles. Et aussi pour acheter ses victimes. Dans un règlement à l’amiable, il a notamment payé 850 000 $ à Paula Jones, une fonctionnaire de l’État d’Arkansas, pour avoir exigé d’elle une fellation alors qu’il était gouverneur de l’État. Il a dû également payer 91 000 $ d’amendes pour outrage au tribunal dans cette affaire : il a répondu de façon trompeuse aux questions du juge. Clinton a été rayé à vie du barreau pour faux témoignage. Dans la même ligue que Donald Trump. 

Ce qui m’amène à parler de Clinton est qu’il s’est vu décerner il y a quelques jours la médaille «Ordre de la liberté» par le Kosovo. Il y a 20 ans cette semaine, les forces américaines avec celles de l’OTAN ont chassé les forces serbes de la province imposant ainsi sa séparation de la Serbie. L’indépendance était soutenue pas la majorité des Kosovars à 88% d’origine albanaise. 

Lorsqu’une situation semblable se produit en Crimée en 2014, les États-Unis et l’OTAN ont adopté une position diamétralement opposée. Cette fois, ils s’opposent à ce que les Criméens, russophones à 82% et d’origine russe à 68% se séparent de l’Ukraine malgré un référendum avec un taux de participation de 83% où 95,5% d’entre eux ont voté en faveur de la réunification avec la Russie. Ce n’est qu’en 1954 que la Crimée, russe depuis 1783, avait été rattachée à l’Ukraine. 

Depuis que Poutine a dénoncé l’hypocrisie de l’Occident à ce sujet, certains analystes font flèche de tout bois pour tenter d’expliquer que les deux cas ne sont pas comparables. À mon avis, c’est un exemple manifeste de deux poids, deux mesures.  

Fermons cette parenthèse et revenons au « héros des Kossovars» Bill Clinton. Cet individu est directement responsable de la mort de centaines de milliers d’Africains en ayant ignoré sciemment le génocide qui se déroulait au Rwanda en 1994. Pour éviter de devoir intervenir militairement pour sauver les Tutsis, Clinton a donné des instructions à Madeleine Albright, afin qu’elle n’utilise pas le mot génocide devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour désigner les tueries au Rwanda. Si la situation avait été qualifiée de génocide, une loi adoptée par le Congrès aurait obligé les États-Unis à intervenir. Clinton s’y refusait absolument. Ce n’était, après tout, que des Africains qui s’entretuaient. Et une vie africaine, pour Clinton, valait beaucoup moins qu’une vie américaine. L’épisode fait comprendre toute l’hypocrisie, la lâcheté et la perfidie du personnage. 

D’ailleurs sa faiblesse de caractère, sa rapacité et son immoralité marqueront sa présidence jusqu’à la fin. Dans ses toutes dernières heures à la Maison-Blanche, il a accordé un pardon présidentiel à un milliardaire traficoteur nommé Marc Rich, alors recherché par le FBI pour évasion fiscale et diverses autres activités criminelles. Rich, maintenant décédé, qui possédait la double nationalité américaine et israélienne, graissait des politiciens en Israël et finançait le Parti démocrate américain. Sa femme, Denyse Rich, venait de faire un don substantiel pour la construction de la future bibliothèque Bill Clinton. C’était la première fois dans l’histoire des États-Unis qu’un criminel en cavale obtenait un pardon présidentiel avant même d’avoir été arrêté et traduit en justice. Jusqu’ici Trump a, au moins, attendu que les dix criminels qu’il a pardonnés aient été condamnés par un tribunal avant de les gracier. 

Voilà la mesure de l’homme qui se pavane ces jours-ci à Pristina, la capitale du Kosovo sous les acclamations de la foule.