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Faites-vous donc justice !

Ce n’est pas pour avoir lancé une alerte à l’interne que Louis Robert a été congédié.

Le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne 
CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI
TVA NOUVELLES/AGENCE QMI Le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne CAPTURE D'ÉCRAN/TVA NOUVELLES/AGENCE QMI

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Le rapport de la Protectrice du citoyen sur l’histoire du lanceur d’alerte Louis Robert vient remettre en question tout le système, pourtant récent, de protection des dénonciateurs dans l’appareil gouvernemental québécois. Procédures mal suivies, manque apparent d’impartialité, problèmes éthiques flagrants, les ratées ont été si nombreuses que Louis Robert se voit maintenant offrir la possibilité de réintégrer son poste au sein du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) .  

Le problème, c’est que ce n’est pas pour avoir lancé une alerte à l’interne, dans le quasi-respect des règles, que Louis Robert a été congédié. S’il s’est fait montrer la porte, c’est parce qu’il a choisi de se faire justice. 

Des «technicalités» qui cachent la réalité 

Les constats présentés dans le rapport de Marie Rinfret, la Protectrice du citoyen, laissent peu de doute : le processus qui devait garantir l’anonymat et la protection de Louis Robert a failli dès sa première étape.  

En bref, la personne responsable de recevoir sa dénonciation était également le bras droit du sous-ministre. Ainsi, il était à la fois difficile et peu probable qu’elle réussisse à dresser un mur étanche entre ses deux fonctions.  

Il était également peu probable que l’anonymat de monsieur Robert soit respecté, au premier chef parce qu’il a, au fil du temps, fait de nombreuses interventions sur le sujet qu’il dénonçait. Tout le monde savait que c’était son dada. 

Par contre, ce que ce rapport ne dit pas, c’est si la dénonciation de Louis Robert était fondée ou non et si son renvoi était justifié dans les circonstances.   

En réalité, Louis Robert s’en sort à cause d’une «technicalité». 

Bar open aux délateurs 

Le plus troublant, dans ce dossier, c’est que plus personne ne semble s’offusquer qu’un fonctionnaire puisse divulguer des informations, avérées ou non, aux médias comme on parle de la pluie dans la file à l’épicerie. 

Le manque de discrétion dont on accuse la Responsable du suivi des dénonciations ne semble plus aussi important quand on parle de Louis Robert. 

Dire que le congédiement de Louis Robert était une conséquence de sa dénonciation interne est un grossier raccourci.  

À la lumière du rapport de madame Rinfret, on comprend que monsieur Robert n’était pas prêt à accepter les résultats de l’enquête interne du MAPAQ. À défaut d’avoir gain de cause, il s’est tourné vers les médias. 

Le scandale dans cette affaire, si on écarte les bourdes répétées du ministre Lamontagne, c’est que même Québec solidaire, par la voix de Vincent Marissal et du projet de loi 198, semble trouver que passer pas les médias ne constitue pas un manque d’éthique et de discrétion répréhensible. 

Allez-y ! Faites-vous justice !  

Vous avez une crotte sur le cœur? Pas de problème, 1-888-JOURNAL ! 

Vous pensez détenir une information privilégiée? 1-888-JOURNAL ! 

Allo le bordel !  

L’article 7 de la Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles à l’égard des organismes publics prévoit déjà des circonstances en raison desquelles une personne peut rendre certaines informations publiques. Mais il faut alors au préalable alerter la police, ce qui, à ma connaissance, n’a pas été fait par Louis Robert.