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Investissement Québec sauvé par l’entrée en Bourse de Lightspeed

Son rendement aurait baissé, n’eût été l’explosion de la valeur de la start-up

La rémunération de l’ex-grand patron d’Investissement Québec, Pierre Gabriel Côté, a atteint 541 000 dollars, en hausse de 3,4 %, en 2018. Or, la rémunération de son successeur, Guy LeBlanc, pourrait atteindre 950 000 dollars. Sur la photo, Pierre Gabriel Côté s’exprime lors de l’annonce de la venue du studio américain d’animation et d’effets visuels Reel FX à Montréal, en avril 2018.
Photo Pierre-Paul Poulin La rémunération de l’ex-grand patron d’Investissement Québec, Pierre Gabriel Côté, a atteint 541 000 dollars, en hausse de 3,4 %, en 2018. Or, la rémunération de son successeur, Guy LeBlanc, pourrait atteindre 950 000 dollars. Sur la photo, Pierre Gabriel Côté s’exprime lors de l’annonce de la venue du studio américain d’animation et d’effets visuels Reel FX à Montréal, en avril 2018.

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Investissement Québec s’est félicité jeudi d’avoir généré un rendement de 8,8 % l’an dernier, mais sans la spectaculaire entrée en Bourse de la licorne montréalaise Lightspeed POS, sa performance aurait nettement reculé par rapport à celle de l’année précédente.

Le bras financier du gouvernement a dégagé des profits nets de 300 millions $ au cours de l’exercice qui a pris fin le 31 mars, en hausse de 14 % par rapport aux 264 millions $ engrangés en 2017-18.

Or, à elle seule, la participation de 7,8 % d’IQ dans Lightspeed a généré une plus-value de près de 63 millions $ pour l’institution, selon des calculs du Journal. La valeur de l’entreprise informatique a explosé lors de son entrée en Bourse, le 8 mars. Sa progression s’est poursuivie, de sorte que Lightspeed vaut aujourd’hui près de 2,5 milliards $.

IQ a aussi profité de l’entrée en Bourse d’Alithya, une autre firme montréalaise de technologies numériques, l’automne dernier. Sans oublier l’impact notable des bons résultats des fonds Teralys Capital, dans lesquels IQ a investi 200 millions $.

Stornoway fait mal

Pendant qu’IQ faisait de gros gains en Bourse et dans le capital de risque, sa principale activité, le prêt, voyait sa rentabilité reculer malgré une croissance du portefeuille. L’institution a dû inscrire des provisions pour pertes sur prêts de 57 millions $, principalement dans le secteur minier. Rappelons qu’IQ a prêté d’importantes sommes à des minières en difficulté comme Diamants Stornoway et Nemaska Lithium.

Par ailleurs, les frais d’administration d’IQ augmentent plus vite que ses actifs. Ils ont bondi de 10 % l’an dernier, alors que l’actif n’a crû que de 3,5 %. Résultat : le ratio des frais de gestion atteint désormais 1,33 %, contre 1,15 % il y a deux ans. S’appuyant sur un rapport commandé à KPMG, l’institution soutient que la moyenne est de 1,7 % au sein d’organismes comparables.

De plus en plus d’employés

La hausse des dépenses s’explique principalement par l’augmentation de 20 % de la masse salariale. Le nombre d’employés est passé de 515 à 534 en un an.

Ce n’est qu’un début : le nouveau PDG d’IQ, Guy LeBlanc, veut doubler le personnel de l’institution pour répondre aux ambitions du gouvernement caquiste en matière d’investissement des entreprises.

Quant aux émoluments des cinq plus hauts dirigeants de la société d’État, ils ont grimpé de 16 % l’an dernier pour dépasser les 2,2 millions $. La rémunération du PDG sortant, Pierre Gabriel Côté, a atteint 541 000 $, en hausse de 3,4 %. Or, celle de son successeur pourrait atteindre 950 000 $.

IQ en 2018-19

  • Profits nets : 300 M$ (+ 14 %)
  • Rendement : 8,8 % (8,2 % en 2017-18)
  • Frais d’administration : 103 M$ (+ 10 %)