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Pétroliers attaqués: tout ce qu'il faut savoir sur le détroit d’Ormuz, passage stratégique

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Le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole, est au cœur des tensions régionales depuis des décennies, ravivées par l’attaque jeudi de deux pétroliers en mer d’Oman, au sud-est du détroit.  

Le président américain Donald Trump a accusé l’Iran d’en être à l’origine, accusations rejetées comme « sans fondement » par Téhéran.  

Ces attaques surviennent un mois après des « actes de sabotage » contre quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, près du port de Fujairah, au large des Émirats arabes unis. Washington et Ryad avaient mis en cause l’Iran.  

Porte d’entrée du Golfe  

Le détroit d’Ormuz, qui relie le Golfe au golfe d’Oman, est situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman. Il est particulièrement vulnérable en raison de sa faible largeur, 50 kilomètres environ, et de sa profondeur, qui n’excède pas 60 mètres.  

Il est parsemé d’îles désertiques ou peu habitées, mais d’une grande importance stratégique: les îles iraniennes d’Ormuz, et celles de Qeshm et de Larak, face à la rive iranienne de Bandar Abbas.  

La rive omanaise, la péninsule du Musandam, forme un index pointant vers l’Iran, séparé du reste du sultanat par des terres appartenant aux Emirats.  

Au large des Emirats, les trois « îles stratégiques » --la Grande Tomb, la Petite Tomb et Abou Moussa-- constituent un poste d’observation sur toutes les côtes des pays du Golfe: Emirats, Qatar, Bahreïn, Arabie saoudite, Koweït, Irak, Iran et Oman.  

Elles sont occupées par l’Iran depuis 1971, après le départ des forces britanniques de la région.  

Stratégique pour le trafic de brut  

Le détroit d’Ormuz constitue une voie de navigation essentielle reliant les producteurs de pétrole du Moyen-Orient aux marchés d’Asie, d’Europe, d’Amérique du Nord et au-delà.  

Selon l’Agence d’information sur l’énergie du gouvernement américain (AIE), 35% du pétrole transitant par voie maritime passe par ce détroit.  

Théâtre de tensions et de conflits  

L’Iran, qui se considère comme le gardien du Golfe, dénonce régulièrement la présence de forces étrangères dans la région, notamment la Ve Flotte américaine stationnée à Bahreïn. Il a menacé à plusieurs reprises de bloquer le détroit d’Ormuz en cas d’action militaire des États-Unis dans la zone.  

Ce sont les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique iranienne, qui contrôlent les opérations navales dans le Golfe et sont chargés d’assurer la sécurité du détroit.  

Une des perturbations majeures du transport pétrolier dans cette région remonte à 1984 pendant le conflit Iran-Irak (1980-1988) lors de la phase dite de la « guerre des pétroliers ». Plus de 500 navires avaient été détruits ou endommagés.  

En juillet 1988, un Airbus A-300 de la compagnie nationale Iran Air, assurant la liaison entre Bandar-Abbas et Dubaï (Emirats), a été abattu par deux missiles d’une frégate américaine qui patrouillait dans le détroit: 290 personnes ont été tuées. L’équipage de l’USS Vincennes a affirmé avoir pris l’Airbus pour un chasseur iranien animé d’intentions hostiles.  

En avril 2015, des bateaux des Gardiens de la Révolution ont arraisonné dans le détroit d’Ormuz un porte-conteneurs des îles Marshall. Et en mai 2015, des patrouilleurs iraniens ont tiré des coups de semonce dans une apparente tentative d’interception dans le Golfe d’un navire de commerce battant pavillon singapourien.