/sports/fighting
Navigation

Un titre qui a perdu de sa valeur

La valeur des ceintures de champions canadiens est à son plus bas

Lors du premier combat entre les deux boxeurs l’an dernier, Dillon Carman (droite) a défait Simon Kean par K.-O.
Photo d’archives, Annie T. Roussel Lors du premier combat entre les deux boxeurs l’an dernier, Dillon Carman (droite) a défait Simon Kean par K.-O.

Coup d'oeil sur cet article

SHAWINIGAN | Il n’y aura pas de ceinture à l’enjeu lors du combat entre Simon Kean et Dillon Carman. En raison de la défaite de Carman en Russie, aucun organisme n’était prêt à sanctionner le duel. Même pas pour un titre canadien.

En fait, quelle est la valeur d’une ceinture canadienne en 2019 ? La question se pose. À la lumière de nos recherches, sa cote n’a jamais été aussi basse, et ce, dans toutes les catégories.

Avant les années 2000, les boxeurs du Québec visaient un titre canadien. Pour eux, c’était l’objectif ultime de leur carrière. Ils n’avaient pas d’ambition à l’internationale. Dans les années 1960 et 1970, les amateurs ont assisté à la trilogie entre Robert Cléroux et George Chuvalo. Par la suite, Chuvalo a défendu cette couronne avec succès à sept reprises entre 1964 et 1978. L’Ontarien a affronté Mohammed Ali à deux reprises au cours de sa longue et fructueuse carrière. Un parcours qui a donné du lustre à la couronne canadienne des lourds.

On se rappelle aussi l’engouement des duels de Fernand Marcotte et Donato Paduano. Au cours de leur trilogie, Stéphane Ouellet et Davey Hilton se sont battus chaque fois pour le titre canadien des poids moyens. On se souvient de la frénésie des trois combats dans la Belle Province.

Éric Lucas avait été aussi sacré champion canadien avant de remporter un titre mondial quelques années plus tard.

Lors de ces années-là, le titre de l’unifolié ouvrait les portes à un classement au sein de la World Boxing Council (WBC). C’était encore plus alléchant pour les boxeurs de chez nous de mettre cette ceinture autour de leur taille. Il y avait une récompense intéressante après une victoire significative.

Le jour où tout a changé

Depuis le début des années 2000, la valeur des titres canadiens a chuté de façon importante. Ils sont presque devenus obsolètes.

Qu’est-ce qui est arrivé ? La consécration de plusieurs champions du monde provenant du Québec. Les conquêtes d’Éric Lucas, Jean Pascal, Davey Hilton et compagnie ont changé la donne. Ils n’avaient plus seulement des visées au Canada. Ils tentaient de se faire un nom à l’international. Tout a changé.

Au fil des années, la ceinture canadienne a perdu de sa valeur. Puis, la WBC a décidé de mettre un terme à son association avec l’organisation de l’unifolié. Un coup dur qui a fait très mal.

Même chose chez les lourds

Au Québec, l’intérêt n’est plus au rendez-vous depuis les deux duels de poids lourds entre Patrice L’Heureux et David Cadieux qui ont été présentés en 2006. Depuis 2008, seulement huit combats, avec le titre canadien des poids lourds à l’enjeu, ont eu lieu.

Dillon Carman l’a défendu deux fois avant de s’incliner devant Mladen Miljas en 2017. Depuis cette soirée, Miljas n’a pas encore défendu son titre. Ça manque un peu de sérieux.

« J’ai demandé une revanche à plusieurs reprises à Miljas, mais il n’a jamais voulu, a indiqué Carman lorsqu’interrogé à ce sujet cette semaine. Moi, j’étais prêt. J’ai aimé mon règne de champion, car j’ai été en mesure de le monnayer comme j’ai pu. »

À court terme, il n’y a pas de solution sur la table. Un tournoi chez les lourds ? Ça serait un point de départ intéressant, mais il ne faut pas en rêver pour le moment.