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Vive tension entre le conseil de bande de Kanesatake et la municipalité d’Oka

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OKA – La tension monte d’un cran entre la municipalité d’Oka et le conseil de bande de Kanesatake.

TVA Nouvelles a obtenu une mise en demeure que la municipalité vient d’envoyer aux Mohawks, car ces derniers bloqueraient tout projet d’ensemble résidentiel à Oka sous le prétexte qu’il s’agit de terrains revendiqués par la communauté autochtone.

Il s’agit en fait d’une réplique de la Ville à une mise en demeure que le conseil de bande avait fait parvenir en mars dernier à Benoit Dumoulin de la compagnie GBD Construction. Cet entrepreneur souhaite faire l’acquisition d’un terrain pour y construire l’éventuel projet de développement du Domaine du Calvaire d’Oka.

«C’est une tentative de prise de contrôle. [...] On dit aux gens que le seul acheteur potentiel à Oka, c’est Kanesatake», s’est insurgé Pascal Quevillon, maire de la municipalité.

«On a envoyé une mise en demeure en disant que c’est un geste inacceptable», a-t-il ajouté.

«Soyez avisé que de telles campagnes de dissuasion à l’endroit des citoyens de notre municipalité qui ne font qu’exercer leur droit de la manière le plus légitime qui soit ne [seraient être tolérées et feront] l’objet d’une intervention directe de notre cliente afin de s’opposer à de telles démarches en raison des principes les plus élémentaires en droit civil québécois», a déclaré Me Alain Longval, avocat représentant la municipalité d’Oka, dans la mise en demeure.

«Ici depuis 2000 ans»

«Ce que je répondrais au maire Quevillon, c’est que les Mohawks sont ici depuis 2000 ans. Les terres qu’il veut exploiter appartiennent aux Mohawks», a répliqué Serge Simon, grand chef du conseil de bande Kanesatake, au sujet des récriminations de la Ville.

«Si ça crée un préjudice et qu’il n’y a eu aucune consultation avec les Mohawks, je vais les bloquer. Je vais tout bloquer s’il le faut», a-t-il ajouté.

Serge Simon accuse d’ailleurs Pascal Quevillon de présenter les demandes des Mohawks aux citoyens d’Oka en se basant sur «la race», affirmant qu’il agite le spectre de la perte de valeur des terrains ou encore l’apparition de sites d’enfouissement illégaux et de «shacks» à cigarettes.

«Le maire ne croit pas aux droits humains», a-t-il conclu.

Lorsqu’interrogé sur la progression des négociations avec Ottawa dans cet épineux dossier, le grand chef Simon a précisé qu’il «restait de petits détails à régler».