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Grève à la SQDC: piquetez longtemps!

SQDC rue st-Hubert
Photo Chantal Poirier La menace de grève dans une SQDC après neuf mois d’existence constitue une véritable caricature du modèle québécois.

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Après seulement neuf mois d’existence, la Société québécoise du cannabis fait déjà face à un mandat de grève dans une de ses succursales. Je ne vois pas pourquoi les négociateurs de la nouvelle société d’État iraient discuter des énormes hausses salariales réclamées. Et si l’offre patronale était simplement un gros ZÉRO ???

D’abord, pour l’instant la SQDC perd de l’argent. Nous sommes loin du scénario où les syndiqués réclameraient d’avoir leur juste part d’énormes profits. Deuxièmement, lors de l’affichage des offres d’emploi, l’automne dernier, la SQDC a reçu un flot de candidatures bien supérieur au nombre de postes à pourvoir.

Visiblement, il n’existait aucun problème à recruter le personnel nécessaire aux conditions de travail affichées dans l’offre d’emploi. Évidemment, du côté syndical, on refusera de regarder cette notion d’offre et de demande pour ne parler que de rapport de force et de menaces.

Véritable caricature

Les syndiqués des SQDC auront donné raison à tous ceux qui sont réfractaires à créer de nouvelles structures gouvernementales. Parmi les objections à confier à l’État une responsabilité comme la vente de cannabis, il y a l’idée que l’organisation sera vite syndiquée puis prise en otage par la menace d’une grève.

Avouons que le cas de la SQDC est devenu une véritable caricature. Dès la semaine de la légalisation du cannabis et de l’ouverture des succursales, des manchettes nous ont annoncé l’amorce du processus de syndicalisation. Les SQDC ont été syndiquées alors que la peinture n’était pas encore sèche et que les tablettes n’étaient pas du tout remplies.

Moins de neuf mois après, nous en sommes déjà à l’étape d’un vote de grève. Et les demandes salariales des syndicats ne sont pas banales. L’idée de rattraper rapidement le niveau des salaires à la SAQ représente des augmentations salariales de l’ordre de 40 % à 50 %. Aucune commune mesure avec ce qui fut accordé ces dernières années dans l’ensemble du secteur public.

Un symbole

Qu’on me comprenne bien. À 14 $ l’heure, je ne considère pas que les employés des SQDC soient des hauts salariés. À priori, j’aurais été sympathique à une augmentation graduelle de la rémunération en fonction de l’amélioration de la rentabilité de l’organisme. Par contre, dans le contexte d’une confrontation syndicale aussi déraisonnable, je m’oppose à voir mon gouvernement négocier des 10, 20, 30 ou 40 % d’augmentation. On devrait en faire un exemple.

Ce dossier hautement symbolique n’est pas du tout banal. Il raconte quelque chose à propos du Québec. Pensons aux efforts du ministre de l’Économie de la CAQ qui a annoncé un immense plan de renforcement d’Investissement Québec cette semaine. Son but consiste à attirer des grands investissements chez nous pour créer des emplois payants.

Mais d’où viennent ces retards économiques du Québec, la faiblesse des investissements ou les écarts de salaires avec l’Ontario ? Tout cela résulte de notre « modèle québécois ». Le taux de syndicalisation très élevé, la taxation très lourde, cela fait partie du fameux modèle...