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Il est temps d’une vraie enquête sur nos routes

L’autoroute 20 ouest, en direction de Montréal, en Montérégie.
Photo Pierre-Paul Poulin L’autoroute 20 ouest, en direction de Montréal, en Montérégie.

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Il y a longtemps que les routes et autoroutes du Québec sont dans un état lamentable, mais ce printemps, c’est pire que pire.

Au train où vont les choses, les automobiles ne s’en sortiront jamais malgré les milliards de dollars investis sur le réseau routier ces dernières années.

Le Québec a tenu son lot d’enquêtes publiques, mais il serait grand temps d’en tenir une sur nos routes en déroute. Et c’est exactement ce que nos journalistes d’enquête vont faire pour vous ces prochaines semaines, à compter d’aujourd’hui.

Nous avons délégué sur le terrain une trentaine de journalistes et recherchistes de TVA-LCN, du Journal de Montréal, du Journal de Québec et du 24H depuis quelques semaines pour tenter de trouver des réponses aux innombrables questions qui demeurent sans réponses.

  • Pourquoi l’asphalte qu’on pose sur nos routes se dégrade-t-il aussi rapidement, à peine quelques années après la réfection de surface ?
  • Est-ce un problème de technique de pavage, de matériaux, de fondations ou d’entretien ?
  • On nous sert souvent l’excuse du climat hivernal pour justifier l’état catastrophique de nos chaussées. Est-ce que cet argument tient la route ?
  • Parlant du climat, les États américains du Vermont et de New York connaissent aussi des hivers rigoureux et des épisodes de gel-dégel. L’Ontario également. Pourquoi alors suffit-il de traverser les frontières pour rouler sur de belles routes ?
  • Est-il vrai que le béton serait la solution miracle et qu’il suffirait de construire toutes les chaussées avec ce matériau pour oublier le problème des nids-de-poule ?
  • Est-ce que les milliards investis chaque année sont suffisants ? Faudrait-il dépenser encore plus pour entretenir les routes ?

Nous aurions bien aimé avoir identifié une seule cause et un seul remède à ce mal de tête collectif. Évidemment, ce n’est jamais aussi simple. Mais nous avons trouvé des pistes très intéressantes.


Un juge sous la loupe

On a encore eu droit cette semaine à plusieurs démonstrations de l’importance du travail de notre Bureau d’enquête.

♦ Mardi, nous révélions que Jean Herbert, l’ancien juge responsable de la Cour municipale de Longueuil, avait fait devancer la comparution d’une amie Facebook à son dernier jour sur le banc avant de prendre sa retraite. Il l’a ensuite acquittée en 42 secondes. Des experts ont soulevé de sérieux doutes sur son impartialité.

Dès la matinée, à Québec, la ministre de la Justice, Sonia LeBel, a ordonné une enquête sur l’ex-magistrat. J’ai bien hâte de voir les conclusions du Conseil de la magistrature.

♦ Mercredi, le gouvernement Legault a annoncé le remboursement de sommes que vous et moi avons payées en trop depuis au moins 2008 sur nos factures d’Hydro-Québec.

Il faut se souvenir que c’est notre Bureau d’enquête qui a levé le voile sur l’ampleur de ces fameux trop-perçus à partir de 2013.

♦ La nouvelle secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, a confirmé les déficiences dans la gestion financière de son organisation, qui avaient été révélées depuis deux ans par notre Bureau d’enquête.

Elle a notamment renoncé à acheter l’appartement parisien rénové à grands frais par sa prédécesseure, Michaëlle Jean, qui, elle, jurait pourtant n’avoir rien à se reprocher !

Le temps aura fini par nous donner raison.

Dany Doucet
Rédacteur en chef