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La côte du Beaver Hall, en grande pompe

1959

La côte du Beaver Hall, en grande pompe

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Aujourd'hui
Photo Chantal Poirier
Aujourd'hui

La côte du Beaver Hall

De la grande visite se promène à Montréal en juin 1959. La reine Élisabeth II et le prince Philip sont en voyage au Canada et ils viennent participer à l’inauguration de la voie maritime du Saint-Laurent. Ils empruntent la bien connue côte du Beaver Hall, qui relie le square Victoria et le boulevard René-Lévesque, alors encore désigné sous le nom de Dorchester. Beaver Hall était le nom de la résidence de Joseph Frobisher, qui a fait fortune à Montréal dans le commerce de fourrures, dont la plus précieuse était celle du castor. Frobisher, ses frères et son associé Simon McTavish font partie du Beaver Club, un regroupement très sélect de marchands de fourrures. Pour en être membre, il faut avoir passé au moins un hiver dans les pays du nord-ouest ! Qui sait, la résidence de Beaver Hall a peut-être accueilli certaines de leurs rencontres réputées fort festives et bien arrosées !

Invités spéciaux pour une grande occasion

La côte du Beaver Hall, en grande pompe
Photos courtoisie Archives de la Ville de Montréal, M94-Z1853-08

La foule s’amasse sur les trottoirs de la côte pour saluer le cortège royal. La reine britannique, le premier ministre John Diefenbaker et le président Dwight D. Eisenhower feront partie des officiels présents sur l’estrade de la cérémonie d’inauguration de la voie maritime du Saint-Laurent. L’écluse sera officiellement ouverte par le passage du yacht royal Britania. Or, il n’est pas le premier navire à franchir la barrière ! Le brise-glace d’Iberville avait déjà traversé l’écluse le 25 avril précédent. La voie maritime du Saint-Laurent, aménagée en cinq ans grâce à 60 000 ouvriers, permet aux navires de tonnage plus volumineux de passer directement des ports intérieurs des Grands Lacs au golfe du Saint-Laurent, puis à l’océan Atlantique. Promesse de prospérité pour certains, la canalisation est perçue comme une menace à l’économie montréalaise par d’autres. Or, le rôle de métropole canadienne échappe déjà à Montréal, au profit de Toronto.

Underwood, bien en vue !

En plein dans la pente, une entreprise trouve le moyen de se faire bien voir ! La compagnie de machines à écrire Underwood occupe un lieu stratégique : le centre-ville que nous connaissons se développe rapidement, mais les bureaux de la rue Saint-Jacques sont loin d’être abandonnés. Les machines à écrire, inventées au milieu du XIXe siècle, facilitent et modernisent les communications. Utilisée tant par les secrétaires que par les écrivains, la machine Underwood est d’ailleurs une des marques les plus connues en Amérique du Nord. Mais si vous faites une erreur, pas moyen de revenir en arrière ! Il faut tout recommencer ! Quiconque a déjà utilisé un tel appareil sait le vacarme que devaient supporter les employés des bureaux dans les belles années d’après-guerre jusqu’à l’apparition des premiers ordinateurs personnels, un peu plus silencieux.