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La Maison des écrivains et des artistes ouverte à tous

ÉVA 0615 Lettre de Cuba
Photo Jacques Lanctôt L’entrée de la prestigieuse demeure des écrivains et artistes cubains.

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À Cuba, l’Union des écrivains et artistes de Cuba réunit sous un même toit les artistes et les écrivains.

Et quel toit ! Cette somptueuse ­propriété, située au cœur du quartier Vedado, sur la rue 17, au coin de la rue H, et qui a été ­déclarée Patrimoine national en 2009, vous ­émerveillera, tout comme ses jardins ­luxuriants.

Monument historique

L’UNEAC fut créée au début de la ­Révolution, en 1961, et elle comptait parmi ses membres fondateurs des créateurs de renommée internationale comme l’écrivain Alejo Carpentier, la ballerine Alicia Alonso, le poète et romancier José Lezama Lima et le peintre René Portocarrero.

Ce palace, véritable joyau d’architecture, a toute une histoire.

Construit en 1920, il appartint au richissime banquier et homme d’affaires Juan Gelats Botet. Friand de nombreuses activités économiques, le propriétaire possédait des actions dans l’industrie sucrière, l’électricité, le téléphone, la bière Cristal, ainsi que de nombreux immeubles. Il était aussi le banquier du Vatican à Cuba, ce qui lui valut d’être nommé, par le pape, chevalier de l’Ordre du Saint-Sépulcre. Le dictateur Franco, en Espagne, lui accorda, en 1954, le titre de membre de l’ordre d’Isabel la catholique pour « sa participation enthousiaste à la lutte de l’Espagne contre le communisme pendant la guerre civile ».

Destin tragique

Petit à petit, l’empire de Gelats commença à péricliter. En 1958, il tomba malade et son unique fils le remplaça à la tête de l’entreprise.

Le 14 décembre 1959, quelques mois après le triomphe de la Révolution, se considérant comme ruiné, Juan Gelats se pendit dans sa maison de la calle 17. Sa fortune était alors évaluée à cinq millions de dollars. Son fils ira s’installer aux États-Unis et l’argent de l’héritage servira à payer les études de ses nombreux héritiers.

Quelque temps plus tard, le jeune gouvernement de Fidel Castro prendra possession de la maison pour en faire la Maison des écrivains et artistes que l’on connaît aujourd’hui et qui est ouverte à tous, artistes et touristes.

Les mercredis soirs, à 17 h, on y organise des peñas fort courues dans les jardins, au milieu d’arbres centenaires et de plantes de toutes sortes.

Il faut y venir assez tôt pour bénéficier d’une place assise.

Il y a également un service de bar avec des tarifs des plus raisonnables.