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La rage de Simon Kean va payer

Simon Kean avait les lèvres qui tremblaient jeudi juste avant le face-à-face avec son adversaire, Dillon Carman.
Photo courtoisie Simon Kean avait les lèvres qui tremblaient jeudi juste avant le face-à-face avec son adversaire, Dillon Carman.

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SHAWINIGAN | Ouf ! Y a personne qui sait. C’est sans doute le signe le plus important qu’un combat de boxe est à sa place et à son moment.

Personne qui ne puisse dire avec un aplomb assuré que Simon Kean va gagner ce soir contre Dillon Carman.

Mais y a-t-il quelqu’un qui peut garantir que Carman va battre le Grizzly ? À part la parenté et les amis proches ?

Je suis à Shawinigan depuis deux jours. J’ai vu et parlé aux deux hommes. J’ai tenté de déchiffrer ce qu’ils ressentaient au plus profond d’eux. J’ai parlé avec les promoteurs Camille Estephan et Roger Lavergne. Estephan est maintenant confiant pour Simon Kean : « Simon a retrouvé le mordant qu’il avait dans les yeux. Il est prêt », disait-il hier après-midi.

Roger Lavergne, lui, n’arrivait pas à cacher son inquiétude. Il demandait pour la dixième fois en deux jours :

« Pis ? Ton feeling ? »

DES LÈVRES QUI TREMBLENT

Hier, pour la première fois depuis que je connais Simon Kean, j’ai vu ses lèvres trembler. C’est arrivé juste à sa descente du pèse-personne alors qu’il se préparait pour le face-à-face avec Carman.

Je ne pense pas que c’était de la peur ou de la nervosité. Je crois que c’était de la rage. D’ailleurs, Kean a eu de la difficulté à se contrôler et à ne pas se lancer dans une dispute verbale. Il bouillait. Faut dire que Carman a été méchant et méprisant depuis deux semaines. Il joue à la perfection son rôle de méchant et s’attaque même à l’intelligence de Kean.

Si c’est de la rage, alors Simon Kean va gagner. Si c’est de la nervosité ou de la peur, Carman va continuer à jouer dans sa tête et le démolir.

La boxe est dure et cruelle. On joue au hockey, on joue au basket, on joue au baseball et au football. Mais on ne joue pas à la boxe. On monte dans un ring et on se bat. On gagne ou on perd.

Il se passe quelque chose dans la préparation de ce combat. Quelque part, je ne sais pas exactement quand et où ni même comment, mais Dillon Carman a blessé profondément Simon Kean. Ce n’est pas juste une mise hors de combat. Des poids lourds qui se sont remis d’un knock-out, il y en a des dizaines dans l’histoire de la boxe. Un knock-out de poids lourd, c’est différent. Ça peut arriver n’importe comment, n’importe quand.

Ce n’est pas ce qui se passe avec Simon Kean depuis sa mise hors de combat. C’est comme s’il avait été atteint dans sa nature profonde d’homme. Comme c’était arrivé à George Foreman après sa défaite contre Muhammad Ali. Il a eu besoin de 10 ans pour s’en remettre.

Mais peut-être n’a-t-il jamais laissé monter la rage en lui ? Il est devenu pasteur.

UNE RAGE PROFITABLE

La rage peut être néfaste. La rage peut être mauvaise conseillère. Mais si la rage est contrôlée par la raison et par un bon coach, alors Simon Kean va gagner. Il doit se concentrer sur sa défensive en début de combat, utiliser son jab lourd et puissant à profusion, protéger son menton le temps d’être bien entré dans le combat et d’être bien réchauffé...

Puis, laisser parler l’énergie de la rage.

Selon Laurent Poulin de Boxingtown, un des vrais connaisseurs de boxe au Québec, Simon Kean va gagner haut la main en quatre rounds.

Je pense que Kean va gagner. Mais on l’a vu contre Éric Martel-Bahoeli, Dillon Carman est coriace. Sauf quand il va chercher un chèque en Russie !

Arrêt au septième. Kean.

DANS LE CALEPIN- Il y a une demi-douzaine de combats dont on ne peut prédire le vainqueur. Kim Clavel a une fichue de bonne adversaire contre elle. C’est comme ça du haut de la carte jusqu’en bas. Et rappelons que ça débute en direct à TVA Sports dès

19 heures. Serge « Brad » Fortin et Dave Morissette s’en viennent à Shawi, donc c’est une soirée importante.

Le Schwartz’s de Grandes- Piles

Claude Vallée et Maude Villiard. Les René et Céline des Grandes-Piles.
Photo Réjean Tremblay
Claude Vallée et Maude Villiard. Les René et Céline des Grandes-Piles.

Claude Vallée est l’homme à tout faire des Cataractes de Shawinigan. C’est le bras droit du président Roger Lavergne, co-promoteur du combat entre Simon Kean et Dillon Carman.

Mais il est aussi propriétaire avec sa blonde du resto Chez Ma-Mi à Grandes-Piles, le très beau petit village à une quinzaine de kilomètres au nord de Shawi, sur la 55 en direction de La Tuque. Population 361 habitants.

Ma-Mi, c’est le Chez Schwartz’s de la Mauricie. Selon Vallée, le gros de la clientèle vient de Montréal... et de Roberval. Effectivement, si on quitte le Lac-Saint-Jean ou Montréal à neuf heures le matin, on s’arrête chez Ma-Mi pour midi.

Il fallait absolument vérifier si Vallée disait vrai lors de la pesée hier à Shawinigan. Mathieu Boulay, au régime depuis des mois, Michel Hamelin, au régime depuis des années et l’humble au régime depuis toujours se sont donc dirigés vers Grandes-Piles.

On a tous goûté aux smoked-meats de Schwartz’s dans le passé. On a dégusté et comparé. Notre verdict ? Céline Dion qui doit avoir hérité du légendaire restaurant montréalais peut passer par Grandes-Piles si elle va passer le week-end à La Tuque. Elle ne sera pas déçue.

Et le régime ? Quel régime ?

Vive la boxe en région ! La prochaine fois, on sera à Thetford. Le steak du resto La Face de Beu est parfait pour Michel Hamelin et son légendaire sourire.