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Le clan Labrèche tricoté serré autour de l’entreprise familiale

De l’arrière-grand-père Léo au jeune Maxime, Addison Électronique a su assurer la relève

De gauche à droite : Yves, Maxime et Christian Labrèche.
Photo Chantal Poirier De gauche à droite : Yves, Maxime et Christian Labrèche.

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Depuis près de 60 ans, Addison Électronique, c’est une affaire de famille chez les Labrèche. De l’arrière-grand-père Léo au jeune Maxime, en passant par Yves, puis Christian, la direction du détaillant d’électronique s’est transmise de père en fils. Et l’on prépare déjà la cinquième génération.

Pendant longtemps, l’unique sujet de discussion lors des rencontres familiales chez les Labrèche concernait leur magasin d’électronique Addison. « Tellement que nos conjointes ont fini par nous interdire de parler d’affaires durant ces événements », raconte en rigolant Christian Labrèche, président.

Cette anecdote traduit bien la passion qui caractérise le clan. À commencer par l’aîné, Yves, 76 ans. Celui-ci reste présent dans l’organisation comme conseiller après avoir relayé en 2016 la présidence à son fils Christian, alors à l’aube de la cinquantaine. Maxime, vice-président et responsable des achats, représente à 26 ans la quatrième génération de Labrèche à la tête de l’entreprise.

Cette famille l’exploite depuis 1951. À cette époque, Léo, père d’Yves, avait racheté la division Addison TV Parts de la société torontoise Addison pour en faire un service de pièces et de réparation d’appareils électroniques.

L’art du compromis

Avec environ 25 ans d’écart d’une génération à l’autre, chaque membre du trio Labrèche possède sa propre vision des affaires. Pourtant, les désaccords sont rares et les décisions se prennent en harmonie, dans un contexte d’essais-erreurs. Surtout que sur le fond, tous s’entendent sur la croissance d’Addison et les moyens d’y parvenir. « Il faut être bon perdant, puis se rendre parfois aux arguments des autres, dit Christian Labrèche. D’un côté, je respecte beaucoup la vaste expérience de mon père Yves et, à l’autre bout, je dois écouter Maxime, car il va présider l’entreprise un jour. Par exemple, il est nettement plus ferré que moi pour ce qui touche l’informatique. Donc, ses connaissances me permettent d’évoluer et de prendre de meilleures décisions. »

Être à l’écoute de chacun

Il cite en exemple une initiative déployée en février dernier. Dans une volonté de rajeunir la clientèle, âgée de 45 ans en moyenne, les dirigeants ont créé La Série Addison, une œuvre de fiction en cinq épisodes de huit minutes sur le web. Maxime Labrèche est à l’origine de l’idée. Il y a vu une manière peu coûteuse d’atteindre les jeunes consommateurs où ils se trouvent et d’y combattre le concurrent Amazon sur son propre terrain. « À ce jour, on compte 600 000 visionnements sur les différentes plateformes. »

Des fils heureux de faire partie des décisions

Les compromis chez Addison sont bidirectionnels. « Par exemple, en mars dernier, Christian et moi participions à un salon commercial aux États-Unis, raconte Maxime Labrèche. Nous y avons vu un lot de 1000 pelles offertes à un prix minime. Même en désaccord, j’ai laissé mon père les acheter malgré la période printanière non propice et l’obligation de les stocker dans nos entrepôts déjà pleins. Ultimement, je sais que nous parviendrons à toutes les vendre l’automne prochain. »

« Une maudite bonne équipe »

Le petit-fils du fondateur d’Addison, Maxime, y a d’abord effectué des tâches de manutention dans sa jeunesse avant d’en gravir les échelons.

« Enfant, c’était clair pour moi que j’allais y travailler comme gestionnaire une fois devenu adulte. C’était même un rêve. Aujourd’hui, je suis heureux et fier de faire partie de la direction. En toute modestie, nous formons une maudite bonne équipe. »

Père de deux très jeunes enfants, Maxime souhaite déjà qu’au moins l’un d’eux lui succède à la tête d’Addison un jour. Sur ce plan, Yves Labrèche signale qu’à une certaine époque, pas moins de 10 membres de la famille y ont travaillé en même temps. « C’était un passage obligé. S’il n’y avait pas assez de travail pour les occuper, on leur faisait laver les vitres. Et s’il n’y en avait toujours pas après, on leur demandait de les relaver », raconte-t-il en riant.

Addison électronique

  • Fondée en 1951
  • Un réseau de six succursales, en plus de son vaste magasin de la 20e Avenue, dans le quartier Saint-Michel à Montréal, qui accueille quotidiennement 1000 clients (jusqu’à 3000 pendant la période des Fêtes)
  • Spécialisée en électronique et en informatique
  • 120 employés à Montréal (et autant dans ses magasins hors de Montréal)
  • Plus de 41 000 articles offerts sur 25 000 pieds carrés
  • Actionnaires : la famille Labrèche