/misc
Navigation

Le doute sur les trop-perçus

Jonatan Julien
Photo Agence QMI, Simon Clark Bien préparé, le ministre Jonatan Julien a fait une présentation réglée au quart de tour pour exposer sa solution aux trop-perçus d’Hydro.

Coup d'oeil sur cet article

Le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien, a résolu la quadrature du cercle avec la patate chaude des trop-perçus d’Hydro-Québec. Son tour de magie est le clou d’une série de « bonnes nouvelles » visant à doper le bilan de fin de session du gouvernement caquiste.

La question des trop-perçus était devenue source de tension dans la relation entre le gouvernement Legault et le monde « ben ordinaire » qu’il dit vouloir servir.

Un récent sondage a démontré que 92 % des Québécois voulaient être indemnisés en tout ou en partie. Les caquistes ne pouvaient continuer de se défiler en prétextant ne pas s’être engagés en campagne à remettre la somme de 1,5 milliard $ qu’ils avaient eux-mêmes identifiée sous le sceau du scandale, alors qu’ils étaient dans l’opposition.

Ils ont trouvé une façon de redonner une partie du montant pour satisfaire leur clientèle. Mais en prime, ils ont débarrassé Hydro-Québec de ce gênant et complexe mécanisme « d’écart de rendement » qui la forçait à faire des courbettes annuelles devant la Régie de l’énergie. Digne d’une soirée « deux pour un » sur la Grande Allée.

À voir la mine rayonnante des dignes représentants de la société d’État devant la prestation réglée au quart de tour du ministre Julien, un doute nous envahit. S’ils sont si contents, c’est qu’ils n’ont rien perdu au change. S’installe alors une désagréable et tenace impression de s’être fait avoir.

D’abord le retour

Récapitulons. Le gouvernement force Hydro à vider une caisse de réserve de 380 millions $ et à ajouter la partie des trop-perçus de l’année 2018 (120 M$) qui devait être « retournée » aux consommateurs pour rembourser 500 M$ au total.

Pour une famille payant 150 $ d’électricité par mois, ce sera une remise de 60 $ sur la première facture de 2020. Je ne vais pas bouder mon plaisir : 60 $, ce n’est pas le Pérou, mais l’important, c’est le principe. De plus, le tarif d’Hydro sera gelé en 2020, ce qui n’est pas arrivé depuis 2011-2012. Il s’agit d’une économie de 200 M$ pour les consommateurs si le tarif avait suivi l’inflation. Aucune façon de savoir, toutefois, si Hydro aurait obtenu la permission de hausser son tarif 2020 de 1,7 %. Mais bon, il y a là aussi un élément d’économie indéniable.

Mais la transparence ?

Pour la suite, ça se corse. Les tarifs seront automatiquement augmentés selon l’inflation les quatre années suivantes. Puisqu’Hydro n’aura plus à plaider elle-même pour fixer les hausses, le projet de loi du ministre Julien la soulage de ses obligations de transparence annuelles quant à ses dépenses devant la Régie.

Jusqu’ici, cet exercice de reddition de comptes permettait de constater l’écart entre les sommes perçues par Hydro et ses dépenses pour offrir le service. Ce qui choquait les Québécois, c’était de savoir que l’argent ne leur était pas retourné.

À compter de 2021, donc, Hydro pourrait encore engranger plus d’argent que nécessaire grâce à ces hausses successives, mais les Québécois n’en sauront rien ! Du moins, pas avant le réexamen devant la Régie qui se tiendra dorénavant seulement une fois tous les cinq ans.

Deux côtés de la médaille

Si on regarde ce changement avec des lunettes fluo, on peut se dire qu’il y a un rempart contre des hausses exagérées. En 2014, l’augmentation avait été de 4,3 % alors que l’inflation était de 1,4 %. Mais à travers des lunettes sombres, on observe que dans les trois dernières années, les hausses ont été inférieures à l’inflation.

Les Québécois voulaient un retour sur la facture d’Hydro payée en trop. On l’a eu. Toutefois, si nous avons gagné une manche, seul l’avenir dira qui gagne le match...

Les bulletins

André Lamontagne, CAQ

Jonatan Julien
Photo Agence QMI, Simon Clark

Le ministre de l’Agriculture a refusé de présenter ses excuses d’emblée, même s’il a nui à la réputation de l’agronome Louis Robert en lançant publiquement que d’autres raisons avaient mené au congédiement du lanceur d’alerte. Après un rapport dévastateur de la protectrice du citoyen, le ministre propose à M. Robert de le réembaucher. Ouf...

Lionel Carmant, CAQ

Jonatan Julien
Photo Agence QMI, Simon Clark

Le timide ministre a rarement marqué des points dans la joute parlementaire. Mais il a éteint le libéral André Fortin qui tournait en dérision le fait qu’il est possible de consommer un produit du cannabis dans une garderie en milieu familial, dans la loi actuelle, adoptée sous le gouvernement Couillard. « Mais le problème c’est que c’est leur loi », a répliqué le ministre devant les pitreries de son vis-à-vis.

Sylvain Gaudreault, PQ

Jonatan Julien
Photo Agence QMI, Simon Clark

L’Assemblée nationale a adopté unanimement une motion du député de Jonquière ordonnant au Conseil de gestion du Fonds vert de permettre un examen approfondi de ses livres par le Vérificateur général du Québec. La querelle entre le gestionnaire du fonds et le ministère de l’Environnement a empêché un audit jusqu’ici. Fallait que quelqu’un mette le pied à terre !

Saul Polo, PLQ

Jonatan Julien
Photo Agence QMI, Simon Clark

La semaine dernière, le député de Laval-des-Rapides a mis de la pression sur le gouvernement Legault pour que soit rétablie la gratuité au Parc de la Chute-Montmorency. Le ministre des Parcs Pierre Dufour a d’abord défendu la décision qui a soulevé la grogne, mais finalement le gouvernement a demandé à la SEPAQ de faire marche arrière mardi, le temps de trouver une solution « plus rassembleuse ».

En vrac

Allô ?

Jonatan Julien
Photo courtoisie

L’énigmatique députée caquiste Marie-Louise Tardif a refusé de se lever lors d’une motion sur la crise des médias, au grand étonnement de ses collègues. Elle a plaidé ensuite la distraction.


Pour les victimes

Jonatan Julien
Photo Agence QMI, Simon Clark

La solidaire Christine Labrie a déposé un projet de loi qui abolirait le délai de prescription empêchant les victimes d’agression sexuelle de poursuivre leur agresseur.


Salut Michel !

Jonatan Julien
Capture d'écran, AQDC

Le très apprécié secrétaire général de l’Assemblée nationale, Michel Bonsaint, a été nommé délégué du Québec à l’UNESCO. Les élus lui ont réservé une ovation bien méritée hier.