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Les séries et ensuite on verra...

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Photo AFP Alex Pietrangelo et les défenseurs des Blues ont été excellents en série.

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Les Blues de St. Louis ont-ils lancé une nouvelle tendance ?

Celle des géants à la ligne bleue. Ces défenseurs qui vous entraînent sur la clôture, et qui, si l’opportunité se présente, vous écraseront le nez dans la baie vitrée ? Les géants de la ligne bleue qui vous interdisent de vous approcher trop près de leur gardien.

Larry Robinson que l’on a aperçu avec les dirigeants des Blues, et qui a joué un rôle important dans la relance de la carrière de Colton Parayko, a sans doute pensé au fameux Big Three de son époque. Il a pu observer de très près l’incroyable effort déployé par Alex Pietrangelo, Colton Parayko et Jay Bouwmeester tout au cours des séries et surtout dans les matchs d’une extrême importance.

Il a sans doute revu les exploits de Patrick Roy, en 1986, en observant Jordan Binnington à sa première saison (demi-saison devrait-on spécifier), le gardien qui a démontré un sang-froid exceptionnel face à l’adversité.

On dit souvent que toute comparaison est boiteuse et que Serge Savard, Guy Lapointe et Robinson étaient supérieurs aux défenseurs des Blues. Aucun doute. Que Binnington a un long parcours devant lui pour atteindre le statut de Roy. C’est très juste.

Mais peut-on faire un parallèle avec le scénario qu’on a observé au cours des deux derniers mois et le scénario de 1986 ?

Les Blues de St. Louis, au risque de se répéter, ont réalisé l’impensable. De pire formation de la ligue, le 2 janvier 2019 à championne de la coupe Stanley, il n’y a pas de chiffres qui tiennent la route... sauf le résultat final.

Les statistiques avancées

Pour les experts des statistiques avancées, il y a de quoi retourner à la planche à dessin.

Prenez la série finale par exemple : un seul but en supériorité numérique.

Aucune supériorité numérique dans le septième et ultime match et pourtant, on gagne le match 4 à 1.

Trois victoires sur la patinoire des Bruins, c’était improbable, mais avait-on oublié que les Blues avaient réussi le coup à Winnipeg au premier tour des séries éliminatoires ?

Et ça ne s’arrête pas là. Au cours des 13 dernières conquêtes de la coupe Stanley, quatre équipes avaient changé d’entraîneur en cours de route. Dan Bylsma (Pittsburgh), Mike Sullivan (Pittsburgh), Darryl Sittler (Los Angeles) et Craig Berube.

Les Blues ont saisi l’opportunité qui s’offrait avec la même détermination qui les a caractérisés lors de cette poussée spectaculaire en deuxième moitié de saison. On ne devient pas l’équipe par excellence de la saison après avoir occupé le dernier rang au classement général le 1er janvier sans avoir pris des engagements, sans le souci du détail et surtout sans se relever les manches, et, comme le dit souvent Bob Hartley, sans mettre ses bottes de travail.

Et il y a Craig Berube avec une philosophie tout à fait à l’opposé de celle de Mike Yeo. Un entraîneur qui a défié les joueurs tous les jours et pour les bonnes raisons, les invitant à prendre leur responsabilité, à respecter les consommateurs.

Philosophie à l’opposé

Il a pris des risques. Il n’a pas hésité à jongler avec ses effectifs en offrant des explications justifiées. Les Blues sont devenus une équipe redoutable. Une formation qu’on a mésestimée jusqu’à la toute fin. On ne savait pas si cette poussée allait se poursuivre. Le caractère de cette formation lui a permis de relever tous les défis... et surtout les plus imposants.

On dit souvent qu’au terme d’une saison, et la dernière fut celle marquée par tellement de rebondissements, on cherche parfois à imiter l’équipe championne. Mais, dans un monde où la parité fausse trop souvent la donne, on doit avant tout réunir un groupe qui obtiendra un rendez-vous pour le tournoi printanier.

Le reste... Marc Bergevin peut le dire et surtout le répéter, il a parfaitement raison, quand on accède aux séries éliminatoires, le compteur repart à zéro et, pendant deux mois, tout peut survenir.

  • Aviez-vous prévu l’élimination rapide du Lightning, des Capitals, des Jets et des Maple Leafs ?
  • Aviez-vous prévu la participation des Hurricanes de la Caroline à la finale de l’Association de l’Est ?

Il n’y a aucune garantie que vous allez remporter la coupe Stanley. Vous croyez avoir colmaté toutes les brèches, mais vous n’avez pas l’assurance que vous irez jusqu’au bout.

Les Blues de St. Louis viennent de fournir et surtout d’appuyer cette nouvelle théorie : les séries d’abord et on verra ensuite.

Sauf que le travail de Marc Bergevin, au cours des prochains mois, ce sera de s’assurer qu’il présentera une formation capable justement d’atteindre cet objectif. Il a des priorités, notamment un défenseur pouvant évoluer à la gauche de Shea Weber. L’acquisition d’un centre de premier plan pourrait faire toute la différence.

Les Blues auraient-ils gagné la coupe Stanley si Doug Armstrong, le DG de l’équipe, n’avait pas fait l’acquisition de Ryan O’Reilly ?

Un été chaud s’annonce...

Le chèque, svp

Donc, à partir de demain, s’ébranle la période des rachats de contrat.

J’ai effleuré le sujet, il y a quelques jours. On croit que plusieurs directeurs généraux chercheront à se prévaloir de ce droit.

Pour le hockeyeur, il y a toujours un risque, mais il peut aussi jouer sur deux plateaux.

Le joueur touche son argent avec la formation qui rachète son entente et, ensuite, il peut offrir ses services à toutes les équipes de la ligue. Vincent Lecavalier n’a-t-il pas profité de cette clause de la convention de travail ?

Et pourquoi pas ?

Chez le Canadien, évidemment, le nom de Karl Alzner retient toujours l’attention. Il reste trois saisons à écouler à son entente et un rachat de contrat lui permettrait de toucher les deux tiers du montant que le Canadien est engagé à lui verser.

Cependant, un joueur comme Wade Redden, alors qu’il avait signé une entente de plus de 6 000 000 $ par saison avec les Rangers de New York, poursuiva sa carrière dans la Ligue américaine afin de toucher chaque dollar de son contrat.

Voici un tableau de la situation : Alzner/Canadien.

KARL ALZNER ET LE CANADIEN
SAISON SALAIRE ACHAT ÉPARGNE
2019-20 $4 625 000 $1 069 444 $3 555 556
2020-21 $4 625 000 $4 194 444 $430 556
2021-22 $4 625 000 $2 194 444 $2 430 556
2022-23   $1 069 444 $1 069 444
2023-24   $1 069 444 $1 069 444
2024-25   $1 069 444 $1 069 444
TOTAL $13 875 000 $10 666 664 $ 3 208 336