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Robert Piché: rêver de faire le tour du monde à 8 ans

Expédition au K2 au Pakistan.
Photo courtoisie, Robert Piché Expédition au K2 au Pakistan.

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Depuis sa tendre enfance, l’envie de partir taraude Robert Piché. Il se rappelle qu’à huit ans, il a fait son baluchon car il voulait déjà faire le tour du monde. « Quand ma mère m’a vu prêt à partir, elle n’a rien dit. Au contraire, au lieu de me couper l’herbe sous le pied, et de m’empêcher de rêver, elle m’a souhaité bon voyage ! » raconte-t-il. Cet encouragement l’a poussé à obtenir sa première licence de pilote à 17 ans. Depuis, il a fait le tour du globe plusieurs fois. Maintenant à la retraite, l’homme a toujours le goût d’explorer la planète. En août, il se transportera au Groenland pour admirer de près les icebergs en kayak. Aussi, il espère visiter la Nouvelle-Zélande dans un avenir prochain, et songe éventuellement à s’installer dans la province indienne du Kerala qu’il affectionne particulièrement.

Au Mexique.
Photo courtoisie, Robert Piché
Au Mexique.

Votre désir de voir le monde remonte à votre plus tendre enfance ?

Quand j’étais à l’école, et pour soutenir des missions humanitaires, on achetait des petits Chinois en carton pour des 10 cents. Je me demandais pourquoi ces enfants ne vivaient pas comme moi et j’ai tout de suite eu envie d’aller les retrouver à l’autre bout du monde. À 15 ans, l’Expo 67 a également piqué ma curiosité. Quand je suis entré dans le pavillon de la Thaïlande et que j’ai vu en gros le mot « Bangkok », je me suis promis qu’un jour j’irais visiter la ville. Enfin, mon père, voyageur de commerce, m’a aussi influencé. J’adorais l’accompagner dans ses voyages, manger au restaurant et dormir dans les hôtels. Si j’ai choisi la carrière de pilote, c’était d’abord et avant tout pour voyager.

Vous avez fait un grand tour de la planète, y a-t-il un endroit autre que le Canada où vous aimeriez habiter ?

En Inde, particulièrement au sud, dans l’état du Kérala. Pour l’instant, il me reste encore trop de pays à découvrir et mes enfants ont encore besoin de moi. Mais un jour, j’aimerais bien m’y établir. L’Inde me fascine. Dans une zone de 20 km, les habitants ne se comprennent pas entre eux car ils parlent un dialecte différent et pratiquent des religions distinctes mais malgré cette situation chaotique, ça fonctionne. J’ai toujours bien vécu dans le chaos.

Et vous seriez capable d’y vivre ?

Tout à fait parce que j’ai une grande capacité d’adaptation. Et que j’admire la force de résilience de ce peuple. Ils sont ou très riches ou très pauvres, mais ces derniers ont une grande fierté malgré leur situation. Par exemple, ils habitent dans des taudis mais ils sont bien vêtus. Les femmes portent des robes multicolores, et les hommes ont des chemises pressées. Ils n’ont pas besoin de flasher dans de grosses voitures pour montrer qu’ils sont heureux. Alors que nous, on court toute notre vie après notre queue, pour en avoir encore plus...

Vous aimez l’Inde et vous pratiquez le bouddhisme ?

À Bali.
Photo courtoisie, Robert Piché
À Bali.

Effectivement ! En Inde, j’ai eu la chance de visiter des monastères et de rencontrer des moines qui ont passé plusieurs années de leur vie à méditer sans voir personne, se fiant à la générosité de la population pour se nourrir. Complètement détachés du monde et vivant sans le sou, ces moines font preuve d’une ouverture d’esprit peu commune qui m’a beaucoup plu. Et je suis particulièrement intéressé par leur enseignement.

Quel genre de voyageur êtes-vous ?

À Zanzibar en Afrique.
Photo courtoisie, Robert Piché
À Zanzibar en Afrique.

J’ai toujours été un solitaire, et je préfère voyager seul en sac à dos. Mais je prends également plaisir à voyager avec ma femme. Nous ne logeons jamais dans des hôtels luxueux ou des clubs tout compris. Nous préférons louer chez l’habitant ou alors résider dans des Airbnb. La meilleure façon de voyager est d’échanger avec des « locaux », qui sont à même de nous indiquer les endroits à ne pas manquer.

Le luxe en voyage semble avoir peu d’importance pour vous ?

Au Mexique.
Photo courtoisie, Robert Piché
Au Mexique.

Je pourrais m’acheter un condo en Floride, y passer six mois par année à jouer au golf, et à prendre un verre tout en pétant « d’la broue » sur la vie professionnelle que j’ai menée, mais ça ne m’attire pas du tout. Je préfère m’asseoir avec l’habitant quelque part sur la planète et échanger sur sa vision du monde.

Avez-vous déjà ressenti de la peur en voyage ?

Je n’ai jamais eu peur. De toute façon, j’ai toujours bien carburé à la peur. Par contre, je me suis déjà senti en danger comme cette fois où, à Bombay, j’ai demandé à mon guide de m’amener dans un endroit typique où les gens prennent un verre. Et après avoir insisté, on s’est retrouvés dans un bar clandestin. J’avoue qu’au début, je me sentais petit dans mes souliers. Nous étions les seuls blancs, et j’avais l’impression que la clientèle n’en avait pas souvent vus. La tension était palpable et pendant une trentaine de minutes, j’ai cru être au mauvais endroit, au mauvais moment. Fort heureusement, tout s’est déroulé sans anicroche.

Vous n’êtes vraiment pas peureux ?

Au Cambodge.
Photo courtoisie, Robert Piché
Au Cambodge.

J’ai toujours aimé me mettre en situation de danger, et ce, depuis que je suis jeune car j’ai toujours su que j’allais m’en sortir. J’ai toujours eu un grand sens de la débrouillardise, ce qui m’a souvent sorti du pétrin.

Vous avez voyagé loin des sentiers battus, quel plat le plus inusité avez-vous mangé ?

Au Vietnam où j’ai travaillé pendant six mois, on m’a offert, lors d’un rendez-vous d’affaires, une boisson qui ressemblait à de la boue. Elle contenait des hippocampes, des couleuvres et toutes sortes d’autres bibittes, et elle avait fermenté pendant cinq ans. Pour éviter d’être malade, je ne voulais pas en prendre, mais comme c’était la tradition d’en boire vu le contexte, je me suis forcé. Ça s’est avéré l’une des meilleures boissons alcoolisées de ma vie, d’ailleurs, j’en ai repris deux fois par la suite.

D’après votre expérience de grand voyageur, que faut-il absolument voir avant de mourir ?

Le mur des lamentations à Jérusalem.
Photo courtoisie, Robert Piché
Le mur des lamentations à Jérusalem.

Les grandes réalisations humaines comme celles des pyramides d’Égypte, et le Machu Picchu au Pérou. Au Bhoutan, il ne faut pas manquer le Tiger’s Nest, un temple construit à flanc de montagne. L’Inde et le Népal sont aussi pour moi des incontournables. Une grande partie de la population y vit avec moins que rien mais malgré tout, elle est d’une immense générosité et il y a beaucoup de leçons à en tirer. Les vestiges des Incas du Mexique valent aussi la peine d’être vus. J’ai envie de dire aux gens, sortez de vos clubs tout compris, louez-vous une voiture et découvrez ce que le Mexique a de plus palpitant à offrir.


► Pour plus d’informations sur la Fondation Robert Piché : fondationrobertpiche.org

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