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L’aventure bollywoodienne de Ken Scott

L'extraordinaire voyage du fakir
Photo courtoisie, AZ Films Dhanush et Bérénice Bejo dans une scène du film L’extraordinaire voyage du fakir

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Ken Scott a déjà vécu une aventure hollywoodienne il y a quelques années en adaptant lui-même pour le marché américain sa comédie à succès Starbuck. Six ans plus tard, le cinéaste québécois change totalement d’univers et signe un nouveau film à forte saveur bollywoodienne : L’extraordinaire voyage du fakir.

Ken Scott admet que sa connaissance de Bollywood était très limitée quand un producteur français l’a contacté il y a quelques années pour lui faire lire le scénario du film L’extraordinaire voyage du fakir, une adaptation d’un roman à succès de l’écrivain Romain Puértolas : « Je n’étais jamais allé en Inde de ma vie et je ne connaissais pas le cinéma bollywoodien plus que n’importe qui », relate en riant Ken Scott.

Le réalisateur de Starbuck et scénariste de La grande séduction n’a toutefois pas hésité à plonger dans l’aventure : « Ç’a été un oui tout de suite, indique-t-il. J’ai lu le roman et j’ai eu un vrai coup de cœur. J’ai trouvé qu’il y avait du cœur et que c’était une belle histoire qui avait un bon potentiel de comédie. Le roman est vraiment foisonnant d’idées. Et j’ai aimé que ça parle aussi d’immigration. J’ai eu envie de raconter cette histoire et de me plonger dans cet univers-là. »

Ken Scott sur le plateau de tournage de son film.
Photo courtoisie, AZ Films
Ken Scott sur le plateau de tournage de son film.

L’extraordinaire voyage du fakir relate les aventures d’un petit arnaqueur de Mumbai qui, après le décès de sa mère, décide de partir en voyage à Paris pour tenter de retrouver le père qu’il n’a jamais connu. Dans un magasin Ikea, il fera la rencontre d’une Américaine dont il tombera amoureux. Mais à la suite d’une série de malchances, il se retrouvera plongé au cœur d’une aventure rocambolesque aux quatre coins de l’Europe.

Le film, qui a été coproduit par la France, la Belgique et l’Inde, réunit une distribution internationale composée notamment des Français Bérénice Bejo (The Artist) et Gérard Jugnot, de la Québécoise Sarah-Jeanne Labrosse, du Somalien Barkhad Abdi (Blade Runner 2049) et surtout, de l’Indien Dhanush (une star de Bollywood) qui joue le rôle principal du film.

« Dhanush était envisagé pour le rôle principal du film avant même que j’arrive sur le projet, souligne Ken Scott. C’est une méga vedette en Inde et c’est lui qui porte le film sur ses épaules. Mais les personnages secondaires sont aussi très importants parce qu’ils ont seulement deux ou trois scènes pour avoir un impact sur l’histoire. C’est la raison pour laquelle on a choisi de grands acteurs comme Gérard Jugnot, Bérénice Bejo et Barkhad Abdi. »

Comme un voyage

Bénéficiant d’un budget de 10 millions d’euros (environ 15 M$), Ken Scott a eu la chance de pouvoir tourner son film aux quatre coins du monde, de Mumbai à Paris, Bruxelles et Rome.

« Pour moi, c’était clair dès le début que ce n’était pas un film de studio et qu’il était important de bien sentir chacune des cultures qu’on découvre dans le film », indique le cinéaste québécois.

« En tant que réalisateur, ç’a vraiment été un projet stimulant pour moi. Je me suis laissé influencer par toutes les cultures qu’on a visitées pendant le tournage du film. Même si j’ai gardé un ton uniforme en faisant une comédie, j’ai voulu que chacune de ces cultures ait un impact sur le personnage et sur l’histoire. Je voulais que le film nous fasse vraiment voyager. Ainsi, quand on est en Inde, les couleurs sont vibrantes et on sent qu’il y a beaucoup de monde. Cela contraste avec les scènes qui se déroulent en Angleterre où j’ai éteint toutes les couleurs et je me suis laissé influencer par la culture et l’humour britannique. Je me suis même permis un petit hommage aux Monty Python ! »

Pas de cynisme

Ken Scott n’hésite pas à décrire L’extraordinaire voyage du fakir comme un feel-good movie : « J’avais envie de faire une comédie qui ne serait pas cynique, insiste-t-il. Je voulais que les gens sortent de la salle avec un sourire. C’est un feel-good movie, mais en même temps, ça parle d’immigration, un débat qui a lieu partout dans le monde en ce moment. Mais le film ne dit pas aux gens quoi penser et ne propose pas de solution au problème. Il dit simplement que si on considérait les immigrants comme une autre version de nous-même, ça irait peut-être mieux pour tout le monde. J’ai donc voulu filmer les immigrants qu’on voit dans le film avec beaucoup d’empathie pour eux et pour leur culture. C’est pour ça que j’ai mis leur culture de l’avant. »


► Le film L’extraordinaire voyage du fakir prend l’affiche vendredi (le 21 juin).