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Omnium des États-Unis: attente interminable

La soirée et la nuit précédant la ronde finale sont sans fin pour les meneurs

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Photo AFP Gary Woodland n’a pas été écrasé par la pression d’amorcer la quatrième ronde en tête.

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PEBBLE BEACH, Californie | Certains golfeurs les considèrent comme un supplice, d’autres ne bronchent pas. La soirée, la nuit et la matinée précédant la ronde finale d’un tournoi majeur sont éprouvantes psychologiquement pour les meneurs. Le test d’une carrière.

Ils essaient de se changer les idées, de revoir leur plan de match, ils réfléchissent et tentent de fermer l’œil. Les 18 heures entre la fin de la troisième ronde et le moment du coup de départ en ronde finale en milieu d’après-midi sont pénibles et interminables.

Et quand ils en sont à leurs premiers faits d’armes en position de tête dans un tournoi du Grand Chelem, c’est pire. Le rendez-vous avec l’histoire gruge l’énergie et la patience. Une fois sur le parcours, la solitude règne.

En 2010, Graeme McDowell a senti ce vide en ronde finale à Pebble Beach. Il ne menait pas à l’issue de 54 trous comme il le faisait après 36 trous, car Dustin Johnson lui avait ravi la tête avec une excellente troisième ronde de 66. Mais dans le dernier groupe avec DJ en ronde finale, il l’a vu s’effondrer. L’Irlandais du Nord avait rapidement repris sa place en gardant la tête hors de l’eau. Il a finalement levé le trophée quelques heures plus tard.

Leçons personnelles

« On se sent très seul. Ce parcours est en quelque sorte un géant endormi. Ça ne prend que quelques mauvais coups pour que tout déraille. Il faut rester patient, s’assurer de frapper dans les allées et rester dans le moment présent, a expliqué G-Mac.

« Sur le retour, je me souviens que je faisais le décompte des coups et des trous à jouer, a-t-il poursuivi. Je devais tenir le coup et je répétais tous les clichés possibles. On apprend ce genre de trucs par soi-même dans des leçons de psychologie sportive et en lisant des livres sur le sujet. C’est difficile. »

Deux ans après son triomphe à Pebble, McDowell s’est retrouvé dans la position de comeneur avec Jim Furyk, en route vers la ronde finale au Olympic Club de San Francisco. Cette fois-là, il n’a pas fait le travail. Une carte de 73 (+3) l’a fait tomber au second rang, à un coup du champion Webb Simpson.

Un mois plus tard à l’Omnium britannique au Royal Lytham & St Annes, il était encore dans le dernier groupe au départ en compagnie d’Adam Scott. Il a une fois de plus mordu la poussière sur une scène majeure.

De glace

Évidemment, par expérience, certains golfeurs ont trouvé leur zone de confort en position de tête à l’aube de leur ronde finale. C’est notamment le cas de Tiger Woods. L’homme aux 15 titres majeurs et 81 victoires en carrière, témoigne toutefois qu’il ressent toujours les papillons.

Henrik Stenson, alias l’Homme de glace, est quant à lui quasi imperturbable. Le Suédois l’a démontré lorsqu’il a mis la main sur la Claret Jug, au terme d’un duel excitant contre Phil Mickelson au Royal Troon en 2016.

« Dans les derniers groupes le dimanche, on ressent une petite tension supplémentaire. On est conscients de l’enjeu. Mais la veille, je n’ai aucun problème de sommeil. Les choses se déroulent normalement. Il faut se préparer pour une dernière solide performance pour pouvoir gagner. »

Même si Gary Woodland est un bon ami, Stenson ne voulait surtout pas lui donner de conseils samedi soir. Il le savait d’abord capable de terminer en beauté, mais il avait également un œil sur le trophée. Comme plusieurs rivaux coriaces dans la course.