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Hong Kong et nous

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Deux millions de personnes sont descendues manifester dans les rues de Hong Kong. Plusieurs défenseurs de la démocratie à Hong Kong tentent d’avertir le reste du monde : le combat qu’ils mènent à Hong Kong ne concerne pas que Hong Kong. Ce qui est en train de se jouer à Hong Kong, c’est toute la résistance des pays démocratiques contre une Chine de plus en plus dictatoriale.

En théorie, le gouvernement de la Chine ne doit contrôler que la politique de défense et la politique étrangère de Hong Kong. Ce n’est qu’en 2047 que Hong Kong redeviendra une ville chinoise comme les autres.

En réalité, le pouvoir de Pékin a pris le contrôle du gouvernement de Hong Kong en y faisant élire ou nommer des gens qui sont à sa solde. Les Hongkongais gouvernent de moins en moins leur ville.

Le projet de loi sur l’extradition, contre lequel les Hongkongais manifestent, est en quelque sorte la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les Hongkongais pensent que la loi, si elle est adoptée, permettra au gouvernement chinois d’extrader vers les prisons chinoises les personnes qu’il voudra. Les Hongkongais seront ainsi de fait soumis aux lois chinoises, et non plus seulement aux lois de Hong Kong.

Chine contre démocratie

Au fond, le gouvernement de Xi Jinping tolère de moins en moins toute forme de démocratie, aussi minime soit-elle.

Par exemple, le gouvernement de Pékin a profité du système de vote proportionnel de Hong Kong pour mousser des candidatures qui divisaient le camp des démocrates. Résultat, les partis en faveur de la démocratie ont de plus en plus de mal à s’allier entre eux et le nombre de partis radicaux augmente.

Les candidats pro-Pékin jouissent aussi d’un appui financier de Pékin, de redécoupages des circonscriptions électorales en leur faveur où ils peuvent profiter d’équipes électorales organisées par Pékin.

Au Canada aussi

Selon certains, les systèmes électoraux proportionnels des démocraties seraient particulièrement vulnérables à ce genre de manipulations. Pékin serait déjà à l’œuvre ailleurs dans le monde.

En effet, dans plusieurs démocraties où la diaspora chinoise est nombreuse, toutes les conditions sont réunies pour que Pékin interfère en sous-main dans les élections.

Le Canada est au premier rang des pays qui pourraient être victimes de ce genre d’interférence électorale.

1984

Le président Xi et son équipe se sont engagés depuis plusieurs années dans une dynamique malsaine de dictature extrême. Les systèmes de surveillance des citoyens chinois sont en train de transformer la Chine en un enfer totalitaire pire que celui imaginé par George Orwell dans son fameux roman, 1984.

Cette dictature extrême se manifeste aussi dans les demandes de libération de la vice-présidente de la compagnie Huawei, comme si les lois des pays étrangers ne devaient pas s’appliquer aux citoyens chinois.

Récemment, le refus humiliant et insultant du premier ministre chinois de simplement discuter au téléphone avec le premier ministre du Canada illustre bien le nouveau rapport de domination que le gouvernement de Xi Jinping cherche à instaurer dans le monde.

Le gouvernement chinois est persuadé que les pays démocratiques ne tiennent compte que de l’avidité et de la cupidité des grands intérêts financiers. C’est une analyse marxiste simpliste et fausse. Pour Hong Kong comme pour le Canada.