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La vérificatrice générale de la Ville de Montréal: Plusieurs lacunes dans la sécurité des édifices municipaux

La vérificatrice générale de la Ville de Montréal: Plusieurs lacunes dans la sécurité des édifices municipaux
LAURENCE HOUDE-ROY/24 HEURES/AGENCE QMI

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Un coup de barre doit être donné pour corriger plusieurs lacunes dans la gestion de la sécurité des immeubles de la Ville de Montréal, selon la vérificatrice générale de la Ville, Michèle Galipeau.

Plans de mesures d’urgence, télésurveillance, serrurerie contrôlée et gardiennage ont été mis sous la loupe, comme en témoigne un des chapitres du volumineux rapport annuel 2018 de la vérificatrice générale (VG).

Pour renforcer la sécurité, des mesures concrètes s’imposent sur-le-champ, prévient la vérificatrice. Elle recommande, entre autres, l’élaboration et la mise à jour de plans de mesures d’urgence pour les bâtiments de la Ville.

Tous les édifices doivent disposer d’un plan de sécurité incendie à jour. Or, sur l’échantillon de 21 bâtiments examinés, six n’en avaient pas. Des 15 plans existants, seulement sept étaient à jour, approuvés et utilisés dans un exercice d’évacuation récemment. Selon la vérificatrice, cela pose un risque important pour la sécurité et la continuité des opérations en cas d’incendie dans certains bâtiments.

Clés en circulation

Des correctifs doivent aussi être apportés à la gestion de la serrurerie afin de pallier des «brèches de sécurité inquiétantes». Par exemple, des clés maîtresses sont en circulation sans que leurs détenteurs soient connus. Les intervenants rencontrés au sein du Service de la gestion et de la planification immobilière trouvent la situation «plutôt alarmante puisqu’elle compromet sérieusement la sécurité des bâtiments de la Ville», relate la vérificatrice.

Alors que la Ville entreprend un virage numérique, la cybersécurité a également été scrutée. «Les cyberattaques se font de plus en plus nombreuses et elles augmentent de façon exponentielle. La question n’est plus à savoir si la Ville va être attaquée, mais bien à quel moment elle le sera», prévient la VG. Afin de vérifier la résilience des systèmes, le bureau du vérificateur a procédé à des tests d’intrusion logique, en imitant les méthodes utilisées par les pirates informatiques. Les conclusions n’ont pas été divulguées pour des raisons de sécurité.

Efficacité des mesures

Ces exemples sont tirés du rapport paru le 17 juin 2019, dans lequel la VG constate «d’importantes failles en matière de gouvernance de la sécurité des bâtiments municipaux, notamment, en ce qui a trait à l’inertie pour la mise en œuvre de la Politique et de la Directive qui l’accompagne, au partage des rôles et des responsabilités, et à l’absence de normes de sécurité».

Montréal s’est dotée en 2014 d’une politique sur la sécurité dans les édifices municipaux. Ce parc immobilier comprend environ 1500 bâtiments, dont des bibliothèques, des centres sportifs et des bureaux administratifs.

«La plupart des bâtiments municipaux n’ont fait l’objet d’aucune étude de sécurité ou d’un programme de sécurité adapté», signale la VG. Selon elle, «il est légitime de douter de l’exhaustivité et de l’efficacité des mesures de sécurité mises en place au sein des bâtiments municipaux».

Application des recommandations

Dans un autre ordre d’idées, la VG considère que «le taux de mise en œuvre des recommandations est loin de s’être amélioré depuis les trois dernières années». La situation se détériore même en matière de respect des échéanciers.

«Pour les recommandations formulées en 2017 concernant l’audit de performance et des technologies de l’information, nous constatons que 68% d’entre elles auraient dû être réglées au moment de notre premier suivi, selon les plans d’action fournis par les unités d’affaires, alors que le taux réel de mise en œuvre est de 32%.»