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Une autre surprise?

Une autre surprise?
Photo d’archives, Martin Chevalier

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En principe, si la tendance se maintient, Marc Bergevin devrait réaliser un coup fumant au cours des prochains jours.

Je vous rappelle qu’on entre dans une période où Marc Bergevin, justement, donne un coup de barre à ses effectifs.

En 2016, il était allé chercher Shea Weber, écartant de la vie montréalaise le très populaire PK Subban.

En 2017 : il obtenait Jonathan Drouin du Lightning de Tampa Bay et cédait son défenseur fort prometteur Mikhail Sergachev.

L’an dernier, Alex Galchenyuk quittait Montréal pour l’Arizona et débarquait au Centre Bell Max Domi. Signalons qu’il avait également échangé aux Kings de Los Angeles, Max Pacioretty, transaction annulée à la dernière seconde par le capitaine du Canadien lui-même.

Que nous réserve-t-il pour juin 2019 ?

On est dans l’inconnu parce que Bergevin est un spécialiste du camouflage. On peut difficilement identifier les équipes qu’il a pressenties pour parler « affaires ». On ne parvient pas à identifier les formations qui l’ont interrogé sur ses intentions. Les autres directeurs généraux, dès qu’ils engagent la conversation avec le décideur du Canadien, doivent respecter le silence. Maintenant, la question : est-il prêt à passer aux actes ? Que mijote-t-il ?

Dans l’entourage du directeur général du Canadien, c’est l’omerta, vous l’aurez deviné.

Spéculations

Par ailleurs, dans les nombreuses rumeurs alimentant les discussions dans les coulisses de la Ligue nationale, rarement y associe-t-on le Canadien ou encore dévoile-t-on que le patron hockey du Tricolore concocte une transaction importante.

Et c’est exactement ce qui plaît à Bergevin.

Que convoite-t-il au juste ? On ne peut que spéculer à partir des événements de la dernière saison. Sans doute un défenseur pour évoluer aux côtés de Shea Weber.

Quelques noms ont été soulevés : Shayne Gostisbehere, des Flyers de Philadelphie. Il y a également Nick Leddy, des Islanders de New York. Peut-on y inclure le nom d’Andrew MacDonald, que les Flyers ont libéré en rachetant son entente ?

Gostisbehere? Pas physique du tout. Il peut relancer l’attaque, mais si les Flyers veulent s’en départir, c’est qu’il ne doit sûrement pas tenir une place de choix dans l’évaluation d’Alain Vigneault. Pourquoi deviendrait-il un joueur important avec le Canadien? Pourrait-on l’utiliser dans les moments stratégiques en fin de match?

Je n’en suis pas tellement convaincu.

Nick Leddy est un cas particulier. Il a 28 ans. Il y a deux ans, il a terminé la saison avec un différentiel de -41. L’an dernier, il a montré une fiche de zéro. Sauf qu’il est de plus en plus évident qu’il n’appartient plus au groupe des quatre meilleurs défenseurs, groupe formé par Barry Trotz. Ce qui est intéressant dans le cas de Leddy, c’est qu’il possède un contrat de 5,5 millions $, qu’il reste trois ans à écouler à son entente et, très important, qu’il n’y a aucune clause interdisant les Islanders à un transfert sans son approbation. Sa rapidité est sa principale qualité.

On passera dans le cas de MacDonald.

Mais Bergevin, j’en suis persuadé, garde toujours en perspective qu’un joueur de centre pouvant travailler dans le top 6 demeure dans les projections.

Prudence

Cette saison, les directeurs généraux sont confrontés à un contexte qui invite à la plus grande prudence. Le marché des joueurs autonomes avec restriction complique leur tâche et c’est pourquoi Bergevin aura peut-être de la difficulté à réaliser un coup important.

Mitch Marner (Toronto), Mikko Rantanen (Colorado), Sebastian Aho (Caroline), Brock Boeser (Vancouver), Timo Meier (San Jose), Charlie McAvoy (Boston), Kyle Connor (Winnipeg) et Patrik Laine (Winnipeg) auront un lourd impact sur la masse salariale de leurs employeurs. Les directeurs généraux de ces équipes auront d’importantes décisions à prendre.

Cela veut dire qu’avant de songer à des transferts au niveau des effectifs, on voudra s’assurer qu’on aura toutes les informations sur les intentions des joueurs autonomes avec restriction. Sont-ils disposés à accepter une offre hostile? Ou encore, qu’exigent-ils de leurs employeurs sur le plan salarial? Bergevin peut toujours discuter avec ses homologues, mais l’incertitude causée par les règlements demeure une très longue réflexion.

Ça va également influencer les décideurs des équipes de la Ligue nationale quand viendra le temps, à partir du 23 juin, de discuter avec les joueurs autonomes sans restriction.

Bergevin nous a habitués à des actions étonnantes au mois de juin. Cependant, dans son cas et malgré un contexte bien particulier, il ne faut jamais croire qu’il fera chou blanc dans ses pourparlers.

 

Columbus : une bonne décision

Jarmo Kekalainen, le grand manitou des Blue Jackets de Columbus, n’est pas du genre à plaisanter.

Quand le conseiller d’affaires de Sergei Bobrovsky et Artemi Panarin, Paul Theofanous, lui a demandé la permission d’engager des discussions avec d’autres équipes de la ligue, il a reçu une réponse plus rapide que les tirs de Panarin.

«C’est non.»

Sachant que Bobrovsky et Panarin risquent de quitter Columbus dans le but de tester le marché des joueurs autonomes, il aurait pu tirer profit d’une situation où il n’a guère d’options.

Mais pourquoi un choix de 4e tour pour les droits de Panarin? Un choix de 2e tour, c’est différent.

Il a parfaitement raison. Entre-temps, il contrôlera la situation pendant encore quelques jours.

Oups, un changement

Depuis toujours, on parle d’un plafond salarial à 83 millions $. Or, selon plusieurs observateurs, il se pourrait que l’Association des joueurs ait modifié la donne.

Les joueurs peuvent accorder à la ligue la permission de hausser le plafond salarial jusqu’à 5 %. Mais, évidemment, ils prennent un risque énorme puisqu’ils devront absorber le manque à gagner (la fameuse clause en fidéicommis). L’an dernier, ils avaient permis une augmentation de 1,5 %. Il se pourrait, selon les rumeurs, que les joueurs fixent à un pourcentage inférieur à 5 % la hausse du plafond salarial qui réduirait à 82 millions $ les engagements financiers envers les patineurs.

Les joueurs ne veulent plus de cette clause où ils doivent compenser le manque à gagner sur le plan des revenus. Ce sera un débat important en septembre quand les propriétaires, dans un premier temps, se prononceront sur la convention de travail, et que 15 jours plus tard, les joueurs fourniront une réponse à savoir si l’on continue avec la convention actuelle ou si elle doit se terminer à la fin de la saison 2019-2020.

Personne ne veut un conflit de travail.