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Une chirurgie au genou cause la mort d’un sportif

Le préparateur physique de 35 ans travaillait notamment avec Anthony Mantha

Mathieu Latour (à droite) en compagnie du hockeyeur Anthony Mantha, lors d’une visite au Little Caesars Arena, à Detroit.
Photo courtoisie Mathieu Latour (à droite) en compagnie du hockeyeur Anthony Mantha, lors d’une visite au Little Caesars Arena, à Detroit.

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Un préparateur physique de Longueuil âgé de 35 ans et au sommet de sa forme a perdu la vie à la suite d’une banale opération au genou, il y a une dizaine de jours, à l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

Mathieu Latour conseillait depuis une dizaine d’années des athlètes comme Anthony Mantha, des Red Wings de Detroit, dans la Ligue nationale de hockey.

Il le faisait à partir des gymnases de FXV Performances, sur la Rive-Sud de Montréal, dont il était copropriétaire.

« Mathieu était devenu plus qu’un préparateur avec le temps, c’était un de mes bons chums, a raconté au Journal un Anthony Mantha ému, lundi soir.

L’attaquant a pris le temps de visiter son ami à l’hôpital à deux reprises dans ses derniers moments afin de lui dire adieu.

Le 7 juin, l’entraîneur engagé dans sa communauté a succombé à une embolie pulmonaire, causée par des caillots de sang au cœur et aux poumons, qui l’ont plongé dans le coma, a confié son père Guy Latour, lundi, anéanti par la perte de son fils unique.

Ces amas de sang se sont formés à la suite d’une intervention au genou, il y a environ un mois et demi. Souffrant par la suite de douleur aux côtes, Mathieu Latour s’est rendu à la clinique, où les malheurs se sont enchaînés.

Quand les professionnels de la santé ont tenté de le réanimer, le jeune homme aurait manqué d’oxygène au cerveau, avant de subir un arrêt cardiaque, raconte l’un de ses proches. Ils n’auraient jamais été capables de le sortir du coma, en raison de dommages cérébraux.

Une malchance

« Mathieu était un gars à son affaire et discret. Il avait sa méthode à lui de fonctionner dans la vie. Il a toujours donné le meilleur de lui. C’est ce qu’il projetait dans son métier », a soufflé au téléphone son père, depuis sa demeure située à Saint-Robert, près de Sorel-Tracy. Celui-ci se dit toutefois serein au sujet du travail des médecins, qu’il ne pointe pas du doigt.

« C’est un accident. Une malchance. Ils ont sûrement fait tout ce qu’ils pouvaient, a ajouté M. Latour, qui ne voulait pas approfondir le sujet, la douleur étant trop vive. C’est [Mathieu] qui nous soutient en ce moment. »

Risques bien réels

« C’est violent comme scénario, a relaté son partenaire d’affaires Pierre-Mathieu Dubois, 30 ans, qui se dit frustré du sort injuste subi par son ami.

« On ne pouvait pas s’y attendre, Mathieu était en forme, a-t-il mentionné. La plus grande qualité que ses amis retiennent de lui, c’est qu’il savait s’arrêter pour profiter du moment. Il était passionné, attentionné et facile d’approche. On se complétait bien. »

Les fins tragiques de la sorte font malheureusement partie des risques bien réels d’une opération aux membres inférieurs, car l’alitement prolongé facilite la création de caillots, explique Robert Turcotte, chirurgien orthopédique du Centre universitaire de santé McGill.

« Ça peut arriver de faire un caillot, et ça peut se déplacer aux poumons, dit-il. Ça n’arrive pas souvent que des gens en meurent. C’est rare, redouté et très malheureux. »