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Après l’épreuve, le doute

Antoine Bouchard devra subir une opération à l’épaule le 17 juillet

Les entraîneurs Michel Almeida (à gauche) et Sasha Mehmedovic (à droite) accompagnent huit des judokas canadiens qui participeront au Grand Prix de Montréal : Antoine Valois-Fortier, Ecaterina Guica, Jessica Klimkait, Antoine Bouchard, Arthur Margelidon, Shady El Nahas, Étienne Briand et Catherine Beauchemin-Pinard.
Photo Alain Bergeron Les entraîneurs Michel Almeida (à gauche) et Sasha Mehmedovic (à droite) accompagnent huit des judokas canadiens qui participeront au Grand Prix de Montréal : Antoine Valois-Fortier, Ecaterina Guica, Jessica Klimkait, Antoine Bouchard, Arthur Margelidon, Shady El Nahas, Étienne Briand et Catherine Beauchemin-Pinard.

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MONTRÉAL | Antoine Bouchard exprime à lui seul tout l’attrait qu’exerce enfin cette chance de se produire avec l’élite mondiale du judo lors du Grand Prix de Montréal, du 5 au 7 juillet.

L’année 2019 aura au moins ceci de beau pour l’athlète originaire de Jonquière. Sa participation au plus gros tournoi international de ce sport à être présenté au Canada, au cours des 25 dernières années, précédera un épisode de six mois d’incertitude.

Le 17 juillet, il subira une opération visant à reconstruire son épaule gauche en compote avec, comme première conséquence, le souci de se qualifier ensuite pour les Jeux olympiques et espérer améliorer sa surprenante cinquième place des Jeux de Rio, en 2016.

« Si je n’y croyais pas, je ne ferais pas ce choix-là [subir l’opération]. J’ai passé proche d’une médaille et je me dis que je peux le refaire. Arriver là en tant que négligé, je l’ai fait la dernière fois. J’aimerais le refaire », assurait-il, mardi matin, au sommet de la tour inclinée du Stade olympique, lors de la dernière sortie médiatique avant l’événement prévu à l’aréna Maurice-Richard.

Opération inévitable

La chirurgie est inévitable pour Bouchard, même si ses résultats des derniers mois nous disent qu’il n’y avait pas d’urgence.

De retour à la compétition trois mois après avoir subi une première luxation de l’épaule à la mi-octobre, le Saguenéen a aligné plusieurs bons coups qui lui permettent d’occuper une place virtuelle parmi les 18 qualifiés olympiques chez les 73 kilos.

Troisième aux championnats panaméricains le 25 avril dernier, il a aussi obtenu trois tops 7 dans des Grand Prix, dont un troisième rang à Marrakech, le 8 mars.

Pourquoi donc cette opération, alors ?

« Il aurait fallu que j’endure tout le processus de qualification olympique avec une épaule maganée. Avec le volume de judo qui avait augmenté, on s’est dit que c’est maintenant ou jamais », explique-t-il.

« Quand c’est rendu que tu perds un combat à cause de l’épaule, c’est ce qui m’a incité à me faire opérer. Si c’était juste à l’entraînement, je pourrais gérer le risque, mais si je perds des combats à cause de mon épaule, je ne peux pas le permettre. »

Pour l’avenir, on verra

Dans le meilleur scénario, sa rééducation l’amènera à la mi-janvier 2020 pour reprendre la compétition. C’est loin dans un contexte où les Jeux de Tokyo approchent.

Bouchard croit toutefois disposer d’assez de temps pour revenir sur le tatami, amasser des points et éventuellement lutter contre son bon ami et coéquipier Arthur Margelidon pour déterminer qui deviendra le seul représentant canadien dans leur catégorie aux Jeux.

Les questionnements sur la poursuite de sa carrière jusqu’aux Jeux de 2024 ne figurent pas encore dans les pensées de ce brillant étudiant qui décrochera son baccalauréat en biochimie dans un an.

« Au moment de ma blessure, j’ai pensé : est-ce que j’arrête le judo ? Je me disais que si je me fais opérer, je vais arrêter le judo tout de suite après parce que ça ne vaudra plus la peine. Mais avec les résultats que j’ai obtenus [suivant sa blessure], ça demeure le judo. C’est sûr que l’après-carrière est quelque chose à laquelle on doit penser. L’école prend plus d’importance parce que j’ai presque fini, mais je ne suis pas encore rendu là dans ma réflexion. »

Un « surhumain » pourrait y être

La touche francophone de Montréal pourrait servir de lieu de retour à la compétition du monstre sacré du judo, Teddy Riner.

Les organisateurs du Grand Prix de Montréal devraient apprendre dans les prochains jours que le célèbre judoka français choisira l’aréna Maurice-Richard pour y effectuer sa première sortie en 20 mois afin de lancer sa préparation vers les Jeux de Tokyo. Né à La Guadeloupe, il n’a pas foulé un tatami depuis novembre 2017 à Marrakech, où il avait remporté son 10e titre mondial de suite chez les plus de 100 kilos.

Véritable montagne de 6 pi 8 po et de plus de 300 livres, Riner et son entourage ont laissé entendre durant les derniers mois que les trois Grands Prix du mois de juillet – Montréal, Budapest et Zagreb – offraient de belles occasions pour retrouver ses repères.

« Si c’est ici qu’il choisit de revenir à la compétition, ce serait aussi gros que de dire que Michael Jordan a choisi Montréal pour effectuer un retour au jeu », illustre Antoine Valois-Fortier au sujet de celui qu’il qualifie de « surhumain ».

Double champion olympique, Riner est invaincu à ses 144 derniers combats.

« AVF » en valeur

On aperçoit Antoine Valois-Fortier en gros plan dans les rues de Montréal, depuis quelques jours. Son visage coiffe l’affiche promotionnelle du Grand Prix de Montréal, une tâche d’ambassadeur dont il s’acquitte plutôt bien.

« Je le vois comme un beau moyen de redonner à mon sport. J’ai toujours admiré les gens comme Nicolas [Gill] qui s’efforcent de donner de la visibilité au judo, alors je ne vois pas comment je pourrais refuser de m’impliquer moi aussi », exprime le médaillé olympique.

Objectif : 7500 spectateurs

La capacité de l’aréna Maurice-Richard comptera un maximum de 2500 spectateurs à chacune des trois journées de compétition. Selon les organisateurs, quelque 60 % des billets ont été vendus jusqu’à maintenant.

Parmi les 450 athlètes attendus, de gros noms du judo international ont annoncé leur présence.

Parmi eux, les champions du monde en 2017, le Japonais Soichi Hashimoto (73 kilos) et l’Allemand Alexander Wieczerzak (81 kilos), ainsi que la championne olympique de 2016 chez les 48 kilos, la Brésilienne Paula Pareto.