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Électrification des transports: la cible de 1000 bornes de recharges publiques remise en question

Électrification des transports: la cible de 1000 bornes de recharges publiques remise en question
JOEL LEMAY/AGENCE QMI

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La Vérificatrice générale de la Ville de Montréal, Michèle Galipeau, remet en question la pertinence d’installer jusqu’à 1000 bornes de recharge publiques pour les véhicules électriques, puisque l’offre pourrait déjà excéder la demande.

L’administration Plante entend tout de même garder le cap sur l’atteinte de cet objectif.

«Les bornes, c’est une technologie qui évolue très rapidement. Il faut se questionner: est-ce qu’on a vraiment besoin de toutes ces bornes-là?» a soutenu Mme Galipeau. Elle s’interroge à savoir si l’offre sur le territoire montréalais est déjà supérieure à la demande.

D’une part, Hydro-Québec s’apprête à implanter des bornes de recharge rapide à Montréal. Ces bornes à recharge rapide sont plus populaires auprès des conducteurs de véhicules électriques que celles d’ancienne génération, selon un article du «Journal de Montréal».

D’autre part, 82 bornes de recharge hors rue sont déjà installées, dont 78 étaient opérationnelles à la fin 2018. Selon la V.G., il faudrait inclure ces bornes dans la cible totale à atteindre.

«Considérant que chaque borne sur rue coûte à la Ville environ 15 000 $ (l’achat et l’installation), chercher à atteindre la cible de 1000 bornes sans considérer ces 82 bornes hors rue revient à augmenter le coût (...) de plus de 1 230 000 $», peut-on lire dans le rapport de la V.G. publié lundi dernier.

La Ville serait d’ailleurs en voie d’atteindre sa cible de 1000 bornes. Si l’installation de 604 bornes sur rue était prévue pour la fin 2018, leur nombre s’élevait plutôt à 556, dont 480 en fonction.

Même cible

Malgré les doutes de la V.G., la Ville conservera la cible fixée par l’administration Coderre, dans le cadre de la Stratégie d’électrification des transports 2016-2020.

«On pense qu’on devrait garder l’objectif donné», a dit Serge Lamontagne, directeur général de la Ville. Au moment de revoir le plan d’urbanisme, «on va voir s’il y a une adéquation, s’il y a des secteurs à bonifier ou à éliminer», a-t-il ajouté. Selon Benoit Dorais, président du comité exécutif de la Ville, une deuxième mouture de la stratégie est en préparation.

L’actuelle stratégie d’électrification avait été déployée sans plan d’action, ni mécanisme de reddition de compte, critique la V.G. Elle suggère de revoir dès maintenant la stratégie «afin que l’électrification, lorsqu’elle deviendra la norme en matière de déplacement urbain, soit rigoureusement planifiée et économiquement viable pour la Ville».

Chez Ensemble Montréal, on fait valoir qu’en 2016, le coût des bornes à recharge rapides était encore prohibitif pour une utilisation à grande échelle. «C’est seulement dans le contexte de l’arrivée des nouvelles bornes de recharge rapide que la V.G. se demande si l’objectif de 1000 bornes est toujours pertinent», a indiqué l’entourage du chef intérimaire Lionel Perez.