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Il veut «respectabiliser» la planche électrique

Il veut «respectabiliser» la planche électrique

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En roulant à BIXI près de la place Valois dans Hochelaga, par hasard, j’ai aperçu le sujet de cette chronique : Alex Leclerc sur sa longue planche à roulettes électrique Lacroix de bois d’érable, fabriquée à Montréal et nommée en référence à l’emblématique croix du mont Royal, un lieu affectionné par les adeptes de ce nouveau sport.

Les têtes se retournaient sur son passage. M. Leclerc semblait « glisser » doucement et sans bruit. Rien d’un sportif extrême. Il avait l’air de quelqu’un qui revenait banalement du travail. C’était le cas : ce preneur de son à Radio-Canada rentrait chez lui à Rosemont non loin du parc de Maisonneuve.

« C’est mon moyen de transport principal dès qu’il fait beau, ça remplace le vélo ou l’auto », explique M. Leclerc. En deux mois, je cumule plus de 600 km. Je n’ai jamais autant exploré Montréal que maintenant ! Les roues adhèrent bien en cas de pluie, mais sans garde-boue j’ai vite le visage et les mains maculés de saleté. » 

Comment ça marche

Une télécommande manuelle Bluetooth permet d’accélérer/freiner. Chaque roue dispose d’un moteur de 3550 watts, selon le site de la compagnie Lacroix, et les « batteries » et l’ordinateur de bord sont situés sous la planche et offrent  jusqu’à 60 km d’autonomie. Le tout pèse environ 24 livres. Ce n’est pas donné : plus de 3000 $. « Ça ressemble davantage à l’expérience de la planche à neige qu’à celle du skateboard », commente M. Leclerc qui circule toujours les lumières allumées, même en plein jour. Sur la route, il se comporte comme un vélo et roule à droite de la chaussée. « Si une portière s’ouvre devant moi, c’est plus facile de l’éviter qu’en vélo, je peux virer plus brusquement », soutient-il.

Il circule avec ses lumières de visibilité allumées aussi le jour.
Photo Louis-Philippe Messier
Il circule avec ses lumières de visibilité allumées aussi le jour.

Conçue à Montréal et testée notamment sur le chemin Camillien-Houde, la planche Lacroix s’est adaptée à l’état notoirement lamentable de la chaussée québécoise grâce à des roues de sept pouces de diamètre pourvus de chambres à air. « Mon ancienne planche électrique avait des roues de skateboard normales et, dans la rue, je ressentais toutes les irrégularités, la garnotte, les fissures », raconte M. Leclerc.

Débutants, s’abstenir

La planche motorisée ne sera jamais grand public. « Il faut une bonne expérience de la planche au préalable, sinon c’est le cassage de gueule assuré ! » soutient M. Leclerc qui va parfois tester ses limites sur le circuit Gilles-Villeneuve où il a déjà atteint une pointe de 42 km/h. 

En vertu du Code de la route, les agents pourraient lui remettre une contravention pour son bolide non conforme, mais le planchiste n’a pas peur. « Des policiers curieux me saluent, me posent des questions et me félicitent pour mes lumières très visibles, raconte M. Leclerc. Ils voient que je roule prudemment et que je respecte la signalisation.» Par son exemple, il espère «respectabiliser» son moyen de transport préféré.