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Le Québec devant la contestation

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Je suis de ceux qui considèrent l’adoption de la loi 21 comme un grand moment dans notre histoire politique récente. Après plus d’une décennie à débattre de la question des signes religieux ostentatoires, le Québec vient de faire le choix de la laïcité.

Il s’agit, nous le savons, d’une laïcité minimaliste. Le gouvernement aurait pu aller plus loin. Appliquer la laïcité dans les CPE, par exemple.

Cela dit, la loi 21 n’est pas insignifiante et témoigne de la volonté du Québec de faire ses propres choix collectifs sur les questions identitaires.

Coalition

Libéraux, Solidaires et intégristes religieux s’étaient liés dans une étrange coalition soudée par une adhésion aveugle à l’idéologie multiculturaliste et par un mépris ouvert à l’endroit de la majorité historique francophone, accusée de céder à la tentation de l’intolérance.

Le gouvernement Legault a tenu bon. C’est assez rare pour qu’on le souligne. Le Québec est debout. Il peut en être fier.

Mais l’histoire n’est pas terminée.

On le voyait ces derniers jours : les contestations contre la loi 21 se multiplient déjà. Certains intégristes, incapables d’envisager ne serait-ce qu’un instant de retirer leur signe religieux ostentatoire, ont décidé de se tourner vers les tribunaux pour nier la démocratie québécoise. Ils en appellent au gouvernement des juges.

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Au Canada anglais aussi, on s’indigne. Ses élites cèdent au vieux réflexe néocolonial envers le Québec et l’accusent de racisme. Elles se demandent de quelle manière neutraliser le gouvernement Legault.

On le constatera dans les semaines et les mois à venir : les intégristes religieux, et plus particulièrement l’intégrisme islamiste, sont habiles. Ils ont appris à exprimer leurs revendications communautaristes dans le langage des droits et libertés. Les islamistes ont ainsi le culot de se présenter comme les véritables gardiens de nos traditions démocratiques. Ils entendent retourner contre nous nos propres institutions pour nous imposer leur agenda. On appelle cela voir le monde à l’envers.

Il ne faut pas tomber dans leur piège.

Il faut le dire : le refus radical du moindre compromis sur le plan des signes religieux ostentatoires témoigne d’un manque de respect envers le Québec comme société d’accueil, comme si on cherchait à s’en autoexclure. Détail qui compte : les pancartes brandies par les intégristes lors des manifestations sont souvent en anglais.

Si le voile n’est qu’un morceau de tissu, qu’est-ce qui empêche celles qui le portent de l’enlever ? Mais si le porter relève de l’obligation religieuse absolue, comment ne pas en conclure que l’afficher en toutes circonstances relève du prosélytisme ?

Fermeté

Dans les mois à venir, il faudra appliquer la loi fermement et fièrement sans céder à la propagande larmoyante qui voudra nous faire pleurer devant le cas de telle ou telle jeune femme voyant son « rêve brisé » parce qu’elle ne peut enseigner voilée.

Il faudra lui répondre : c’est vous qui piétinez votre rêve en refusant de faire le moindre compromis à propos de votre hijab. On ne vous demande pas de jeter votre voile, seulement de ne pas le porter quand vous enseignez. Est-ce si déraisonnable ?