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Scheer promet de respecter l'Accord de Paris sans taxe sur le carbone

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 Andrew Scheer fait le pari d’atteindre la cible de réduction des gaz à effet de serre du Canada sans taxer le carbone et compte plutôt inciter les grands pollueurs à investir dans des technologies propres ainsi que récompenser les Canadiens qui verdissent leur demeure. 

 Ces mesures font partie du très attendu plan environnemental dévoilé mercredi par le chef conservateur à Chelsea, au Québec.  

 «Les politiques présentées dans ce plan permettront de réduire davantage les émissions et de renforcer la protection environnementale sans piger dans les poches des Canadiens», a-t-il promis.  

 M. Scheer ne chiffre toutefois pas à combien d’émissions en moins équivaudrait chaque mesure. Plusieurs détails du plan ne seront en outre ficelés qu’après les élections, dans l’optique où les conservateurs seraient portés au pouvoir.  

 C’est le cas notamment d’un «montant fixe» que les grandes entreprises émettrices de carbone seraient forcées d’investir dans le développement de technologies propres pour chaque tonne de CO2 qu’elles émettent après un certain seuil.  

 Ce plafond d’émissions est fixé par les conservateurs à 40 kilotonnes (kt), soit 10 kt de moins que le seuil établi actuellement à partir duquel une grande entreprise doit commencer à payer pour une partie de ses émissions. Le «montant fixe» que chaque entreprise devra injecter dans des innovations vertes reste toutefois à être déterminé. Ce dernier varierait en fonction de chaque secteur d’activité.  

 Crédit d'impôt pour des rénovations vertes  

 Le plan, intitulé «Un vrai plan pour protéger l’environnement», propose aussi un crédit d’impôt de 20 % aux Canadiens qui apportent des rénovations écoénergétiques à leur maison oscillant entre 1000 $ et 20 000 $. Ce programme ne serait disponible que pendant deux ans, précise-t-on en disant vouloir «encourag[er] les Canadiens à entreprendre des rénovations plus rapidement».  

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 Les conservateurs arguent par ailleurs que le Canada ne doit pas se concentrer que sur les émissions générées à l’intérieur même de ses frontières. On fait valoir que le pays doit aussi multiplier ses efforts pour réduire les émissions «mondiales».  

 «Le Canada est un émetteur relativement petit. Si l’on stoppait l’économie canadienne pendant un an, il ne faudrait à la Chine que 21 jours pour remplacer nos émissions», peut-on lire dans le plan.  

 Les conservateurs proposent ainsi d’exporter des technologies canadiennes qui permettent de réduire les émissions de GES sous une marque «écocanadienne». On suggère aussi que des centrales au charbon en Chine pourraient être alimentées au gaz naturel liquéfié (GNL), un produit énergétique canadien qui a une moindre empreinte carbone.  

 La taxe carbone «inefficace»  

 S’il est élu, M. Scheer entend abolir la taxe fédérale sur le carbone de 20 $ la tonne qui s’applique depuis avril en Ontario, en Saskatchewan, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick.  

 «En tant que politique environnementale, la taxe carbone est – en toute mesure et projection possible – un échec de proportions épiques», a lâché M. Scheer dans son discours, mercredi.  

 Dans un rapport publié la semaine dernière, le directeur parlementaire du budget conclut que la tarification fédérale du carbone devrait se hisser à 102 $ la tonne en 2030 afin que le Canada atteigne, cette année-là, son objectif de réduire ses émissions de GES de 30 % par rapport au niveau de 2005.  

 S’il estime que la taxe déjà en vigueur est insuffisante, il évalue aussi que ce type de politique s’avère efficace et à moindre coût.