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Tous immigrants?

Tous immigrants?
ALEXIS AUBIN/AGENCE QMI

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Aux dires des manifestants mécontents de l’adoption du projet de loi 21, nous sommes tous des immigrants, nous n’existons pas comme nation et le gouvernement caquiste ne serait aucunement légitimé à consacrer, dans des lois et dans la charte québécoise, les valeurs qui obtiennent un large consensus. Il est donc temps de remettre les pendules à l’heure et nous pouvons remercier François Legault d’oser faire preuve d’affirmation nationale.

Sans vouloir prendre des airs supérieurs, le slogan « tous immigrants » s’avère choquant et méprisant d’une histoire qui s’est écrite sur plus de 400 ans. Il est vrai que les aïeux de la plupart des Québécois venaient d’ailleurs, mais il vient un jour où le statut d’immigrant perd de sa teneur quand les descendants occupent le sol depuis plus 7 générations. Peu à peu, une nation s’est constituée avec l’occupation du territoire, une langue commune et l’évolution de sa culture au métissage des nouveaux venus. Toute cette aventure s’est appuyée au fil du temps sur des valeurs partagées que la majorité des Québécois veut aujourd’hui protéger.

Le projet de loi 21, maintenant adopté, consacre la laïcité de l’État et modifie la Charte québécoise des droits de la personne afin de mieux garantir la neutralité de nos institutions, la primauté des valeurs d’égalité entre les femmes et les hommes ainsi qu’un meilleur équilibre entre les droits collectifs et individuels. Projet plus que modéré, la loi interdit le port de signes religieux aux agents de l’État en autorité et ayant un pouvoir de contrainte. Les enseignants et les directions d’établissements scolaires se voient imposer les mêmes restrictions. Nous aurions pu souhaiter que ce soit tous les agents de l’État, ce sera malheureusement dans un prochain projet de loi.

Demander à ces agents de l’État de refléter la neutralité de l’État dans leur comportement et dans leur apparence, lorsqu’ils sont en fonction, n’est que conséquence logique. La société québécoise est loin de verser dans les excès observés ailleurs dans le monde où l’on va jusqu’à chasser les signes religieux de l’espace public. Nous y retrouvons encore moins des signes persistants de persécutions des minorités religieuses qui vont jusqu’à des assassinats comme ceux relayés par les médias dans certains pays d’Afrique et du Moyen-Orient.

Les fervents du multiculturalisme ont largement critiqué les volontés caquistes et accusé le parti de François Legault de porter un projet qui n’était pas inclusif. L’ex-ministre de l’Alberta va jusqu’à dire que la loi adoptée est raciste. Tous ces gens refusent le caractère distinct du Québec et s’excluent eux-mêmes de la société québécoise en haïssant ce que nous voulons être. Finalement, les racistes, il faut peut-être les chercher du côté des accusateurs!