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Une autre mort révoltante

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Ainsi, selon le Bureau du coroner, madame Hélène Rowley Hotte Duceppe est restée plus de six heures à l’extérieur de sa résidence pour personnes âgées, en pleine tempête hivernale, à une température ressentie de -35, avant de mourir d’hypothermie.

On pouvait la voir pendant des heures sur une caméra de surveillance des résidences Lux Gouverneur, mais personne n’a remarqué sa présence.

Même pas l’employé qui était chargé, justement, de regarder les écrans de sécurité !

ABANDONNÉE À SON SORT

Coudonc, il faisait quoi, ce gars ?

Il dormait ? Il regardait des films sur son iPad ?

Si personne ne regarde les écrans de sécurité, à quoi ça sert d’avoir des caméras, alors ?

Après la mort atroce de la fillette de Granby, battue dans l’indifférence générale alors que plusieurs personnes savaient que cette enfant était maltraitée, voici un autre décès horrible qui aurait pu être facilement évité.

D’un côté, une fillette de sept ans. De l’autre, une dame de 93 ans.

Toutes deux abandonnées par le système qui devait les protéger.

La description des faits donnée par la coroner en chef Pascale Descary hier relativement à la mort de madame Duceppe était insoutenable.

Je ne peux imaginer la peine, la souffrance et la colère que les proches de cette pauvre dame ont dû ressentir en écoutant ce récit horrible.

Les images captées par les caméras montraient la vieille dame essayant vainement de se protéger du froid ! On la voyait se coucher par terre !

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Elle a souffert pendant six heures !

Personne n’a fait le décompte des résidents de la tour où demeurait madame Duceppe une fois l’alarme d’incendie désactivée.

Personne n’a vérifié si un résident était demeuré à l’extérieur lorsqu’on a réarmé la porte de secours.

Personne n’a pensé regarder les écrans de surveillance, qui montraient pourtant ce qui se passait devant la porte.

Un festival d’erreurs et de non-respect des règles de sécurité les plus élémentaires.

LE STRICT MINIMUM

Tout le monde doit bien faire son boulot.

Mais les gens qui sont censés protéger les êtres les plus vulnérables de la société (les malades, les enfants, les personnes âgées) ont une charge supplémentaire.

Ils ne peuvent se contenter de bien faire leur travail comme la plupart des gens.

Ils doivent être irréprochables, dévoués, exemplaires. Impeccables.

On remet entre leurs mains le bien-être et la sécurité de nos proches !

Ils ne manipulent pas des objets — des boîtes, des outils, des bouteilles. Ils prennent soin d’êtres humains !

Actuellement, dans nos hôpitaux, on accepte que des personnes malades soient prises en charge par des employés morts de fatigue !

Et on trouve ça normal !

On accepte que des entrepreneurs sans foi ni loi gèrent des résidences pour personnes âgées comme si c’était des poulaillers !

« Combien de vieux puis-je entasser sans que ça me coûte trop cher ? Comment minimiser mes coûts et maximiser mes revenus ? »

Il a fallu obliger certains entrepreneurs à installer des gicleurs dans leurs résidences, sinon ils ne l’auraient pas fait !

CONDAMNÉS À L’EXCELLENCE

Les hôpitaux, les écoles et les résidences pour personnes âgées sont condamnés à l’excellence.

Tout ce qui se situe en bas de ça est inacceptable.