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Des banlieusards ne veulent pas payer une taxe « injuste »

Les 50 $ de plus sur l’immatriculation serviraient aux transports en commun

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La grogne s’est installée chez les automobilistes des banlieues de Montréal hier, à la veille d’un vote qui pourrait leur imposer une taxe supplémentaire de 50 $ pour immatriculer un véhicule. 

« À un moment donné, ça fait, s’est indigné Roger Lemieux, un retraité de 62 ans de Longueuil. Ils en demandent tout le temps davantage. Ils pourraient faire autrement pour se financer et trouver une façon plus équitable. » 

Celui-ci croit déjà contribuer en s’efforçant de voyager en métro pour se rendre à Montréal, malgré des problèmes au genou. 

Aujourd’hui, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), présidée par la mairesse de Montréal, Valérie Plante, demandera à ses 82 municipalités si une taxation supplémentaire annuelle de 50 $ sur l’immatriculation de tous les véhicules de promenade doit être appliquée à l’ensemble du territoire couvert. 

L’objectif serait de diversifier les sources de revenus qui financent les projets de transport collectif. 

Or, l’île de Montréal impose déjà cette taxe depuis 2011, alors qu’au Québec, le coût du renouvellement de l’immatriculation inclut déjà une contribution de 30 $ pour le transport en commun. 

Besoins de financement 

« Je pense que toutes les Villes vont accepter, qu’elles vont être d’accord avec ce principe-là », a indiqué hier Mme Plante, mentionnant que les besoins de financement sont importants et que cette forme de taxation « fonctionne très bien ». 

Cette affirmation grince aux oreilles de CAA-Québec. 

 « J’ai beaucoup de difficulté à croire que l’ensemble des maires sont d’accord et convaincus que leurs citoyens vont être ravis de cette décision, a lancé Annie Gauthier, porte-parole de l’organisme. C’est une taxe punitive et injuste, du simple fait de posséder un véhicule, même si on utilise le transport en commun. C’est la voie facile et choquante pour les gens. Ils n’ont pas tous des voitures par choix. » 

 Les banlieusards rencontrés par Le Journal ont abondé dans le même sens, soutenant qu’ils ne savent jamais « où va l’argent ». 

 « Je vois difficilement comment les gens pourraient être favorables à ça. Les tarifs augmentent toujours, mais pas les services », a argué Anne-Marie Michel, aussi de Longueuil. 

 « Je ne suis pas d’accord. Je n’irai pas payer une autre taxe. On en paye déjà une sur l’essence », a pesté Éric Plante, 53 ans, de Saint-Lambert. 

 Les habitants du Grand Montréal paient une surtaxe de trois cents par litre en faisant le plein d’essence. 

 La CMM n’a pas commenté.  

 ►En 2018, la surtaxe sur l’immatriculation a rapporté 35 millions $ à Montréal, d’après un rapport du ministère des Affaires municipales. 

 ►Selon les données de la Société de l’assurance automobile du Québec, il y a près de 800 000 propriétaires de véhicules de promenade sur l’île de Montréal.