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Des accommodements pour les examens aussi à l’université

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Il n’y a pas que dans le réseau scolaire où les élèves en difficulté ont droit à du temps supplémentaire pour compléter leurs examens. Dans les universités québécoises, environ 90% des étudiants à besoins particuliers ont droit à du temps supplémentaire pour réaliser leurs examens.

C’est ce qu’affirme Nissim Louis, président de l’Association québécoise interuniversitaire des conseillers aux étudiants en situation de handicap.

«C’est vraiment un des accommodements qui est le plus fréquent», affirme-t-il.

Dans le réseau universitaire, des mesures d’adaptations peuvent être accordées à la suite d’un diagnostic de handicap physique, de troubles d’apprentissages, de troubles de l’attention ou de troubles de santé mentale, par exemple.

«Les établissements d’enseignement ont l’obligation d’accommoder les étudiants qui ont des évaluations professionnelles», rappelle M. Louis.

En 2017-2018, les universités québécoises comptaient 16 304 étudiants en situation de handicap.

«Fléau» dans le réseau scolaire

Dans le réseau scolaire, de plus en plus d’élèves en difficulté ont droit à du temps supplémentaire pour compléter leurs examens, rapportait Le Journal jeudi.

Cette mesure d’accommodement est considérée comme un véritable «fléau» par des enseignants, qui jugent qu’elle est octroyée parfois beaucoup trop facilement, alors que d’autres défendent sa pertinence.

À la suite de cet article, des parents nous ont aussi contactés pour témoigner des impacts positifs d’une telle mesure dans le parcours scolaire de leurs enfants.

Isabelle Gadbois, présidente de l’Association des orthopédagogues du Québec, admet que cette mesure peut être accordée trop facilement dans certains cas.

Mais le temps supplémentaire ne devrait pas être remis en question lorsqu’il repose sur une évaluation rigoureuse des besoins de l’élève, affirme-t-elle.

«Dans une société inclusive, on accepte de mettre des moyens en place pour que les gens puissent réussir et démontrer leurs compétences, ajoute l’orthopédagogue. Je verrais mal des gens questionner la présence de rampes d’accès pour les chaises roulantes. Pourquoi questionnent-ils les mesures d’adaptation pour la réussite?»

Or ces questionnements sont bien présents dans le réseau universitaire, comme en témoignent des courriels reçus hier par Le Journal.

Certains professeurs estiment que le temps supplémentaire est accordé trop facilement ou pour les mauvaises raisons, alors que d’autres se demandent comment se débrouilleront ces étudiants une fois rendus sur le marché du travail.

Il faut amener ces jeunes à faire des choix de carrière réaliste en fonction de leurs compétences, rétorque Isabelle Gabdois.

«Il ne faut pas mettre des lunettes roses, il faut regarder la réalité en face, affirme-t-elle. On n’exclut pas les personnes qui sont handicapées physiquement, on les admet partout, mais si tu travailles en chaise roulante, je ne pense pas que tu vas être monteur de ligne. Ces limites sont réelles, c’est la même chose pour les troubles d’apprentissage.»