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Des membres choqués par le vol de leurs renseignements

La nouvelle a abasourdi les nombreux clients qui n’avaient pas encore été avisés

Desjardins
Photo Jonathan Tremblay Robert St-Onge, un jeune homme de 28 ans de Montréal qui s’apprêtait à effectuer une transaction monétaire, trouve très inquiétant que les données d’environ 2,9 millions de clients du Mouvement Desjardins aient été piratées par un de ses employés.

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Les membres de Desjardins sont très inquiets que leurs informations personnelles puissent se retrouver entre de mauvaises mains à la suite du plus grand vol de l’histoire de l’institution, annoncé hier après-midi.

« C’est très décevant. Ils auraient pu nous protéger mieux que ça », s’est insurgé en fin d’après-midi Robert St-Onge, 28 ans, à sa sortie du guichet automatique du boulevard LaSalle, à Montréal.

« Je suis bouche bée ! C’est près de la moitié des clients quand même », a lancé à brûle-pourpoint Martine Mélançon, 41 ans, abasourdie quand elle l’a appris, devant la Caisse de L’Île-des-Sœurs-Verdun. Elle dit considérer d’autres options bancaires dès maintenant.

Dans la majorité des établissements visités par Le Journal, à Montréal et sur la Rive-Sud, les gens n’étaient absolument pas au fait de la situation.

Certains croyaient même qu’il s’agissait plutôt d’un problème informatique du système Accès D.

Peu d’indications

Ils n’étaient pour la plupart d’ailleurs pas plus informés après leurs transactions, soit au guichet ou au comptoir. Aucune indication n’apparaissait dans les succursales.

« C’est inquiétant et spécial que personne ne nous avertisse dans les bureaux », a souligné Maxime Lefebvre, 29 ans, qui possède un compte chez Desjardins depuis son enfance.

Au-delà du nombre de membres affectés, c’est ce qu’il adviendra de leurs renseignements qui préoccupait les dizaines de Québécois questionnés hier par Le Journal.

Au centre des inquiétudes, il y avait le fait que des fraudeurs pourraient se servir de leurs informations personnelles pour falsifier leur identité, aussi loin que sur un autre continent.

« Si je reçois une lettre [pour m’avertir que mes renseignements ont été touchés], ça veut dire que quelqu’un pourrait aller dans une autre banque et faire une demande de prêt avec mon nom et mon numéro d’assurance sociale. Souvent, c’est suffisant pour créer des problèmes », a soulevé à titre d’exemple Denis Dussault, de Lévis, qui s’est dit inquiet.

« C’est aberrant »

« C’est aberrant qu’une société solide comme ça se fasse faire ça par un employé. Ça veut dire qu’il y a des failles dans le système, même aux ressources humaines, pour le contrôle des employés. Je trouve que c’est malheureux », a-t-il ajouté.

« Il va arriver quelque chose de grave, à un moment donné ! » a prédit Daniel Payeur, 54 ans, de l’arrondissement montréalais de Verdun.

– Avec Magalie Lapointe et Dominique Lelièvre, Le Journal de Québec

Inquiétude

« C’est atroce ! Je vais penser à changer d’établissement financier. »

–Martine Mélançon, de Montréal

« C’est spécial que personne ne nous avertisse dans les bureaux. »

–Maxime Lefebvre, de Montréal

« Tant qu’ils ne touchent pas à mon argent. Là, ça va mal aller ! »

–Daniel Payeur, de Montréal

« Je trouve qu’ils [Desjardins] ne présentent pas de solutions concrètes pour nous protéger. »

–Robert St-Onge, de Montréal

« On peut faire plein de choses [avec ces données], surtout le numéro d'assurance sociale. C'est inquiétant ! »

Jennifer Rioux, de Québec

« Desjardins, c'est une belle fierté [du Québec]. Ça ne donne pas une belle image. Je trouve ça dommage. »

Denis Dussault, de Lévis