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Drone abattu par l’Iran : de nombreuses compagnies aériennes évitent la zone

Drone abattu par l’Iran : de nombreuses compagnies aériennes évitent la zone
Capture d'écran, Google Maps

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Lufthansa, KLM, Emirates, Flydubai, Qantas, Singapore Airlines, Malaysia Airlines... Plusieurs compagnies aériennes ont annoncé vendredi avoir décidé d’éviter le détroit d’Ormuz, situé dans la zone où l’Iran a abattu un drone militaire américain la veille. 

L’allemande Lufthansa ne survole plus la zone jusqu’à nouvel ordre: « nous avons décidé jeudi de contourner le détroit d’Ormuz dans le Golfe », a indiqué un porte-parole à l’AFP.  

Une décision similaire avait été annoncée par la compagnie néerlandaise KLM, qui a parlé d’une « mesure de précaution ». 

Les Pays-Bas sont encore meurtris par l’écrasement de l’avion du vol MH17 de la Malaysia Airlines abattu en 2014 au-dessus de la zone de conflit armé dans l’est séparatiste pro-russe de l’Ukraine par un missile russe. Les 283 passagers, dont 196 Néerlandais, et les 15 membres de l’équipage avaient été tués. 

Malaysia Airlines a indiqué éviter également la zone, située entre l’Iran et la péninsule Arabique.  

« À cause des tensions en cours, certains de nos vols pourraient prendre des itinéraires un peu plus longs pour éviter le détroit d’Ormuz », a déclaré de son côté un porte-parole de Singapore Airlines. 

Le transporteur australien Qantas a aussi pris des mesures: « Nous sommes en train d’ajuster les trajets de vol au dessus du Moyen-Orient pour éviter le détroit d’Ormuz et le golfe d’Oman jusqu’à nouvel ordre », a déclaré la compagnie à l’AFP. 

Le transporteur Flydubai a « ajusté quelques-uns des itinéraires » dans la région par précaution.  

« En raison de la situation actuelle, Emirates a pris des mesures de précaution, notamment en évitant les zones possibles de conflit », a indiqué à l’AFP un porte-parole d’Emirates, compagnie basée à Dubaï. 

« Nous avons accepté de changer un certain nombre de plans de vols que nous opérons depuis et vers la région du Golfe », a de son côté précisé Etihad, basée à Abou Dhabi, un peu plus tard dans la journée dans un communiqué. 

D’autres compagnies n’ont quant à elles pas modifié leurs plans de vol, ou indiqué n’avoir pas de raisons de le faire. 

« Il n’y a pas de changements d’itinéraires ou de recommandations sur les vols d’Air India au-dessus de l’Iran ou du détroit d’Ormuz », a indiqué un porte-parole d’Air India.  

Situation déjà compliquée

Pakistan International Airlines non plus n’a fait « aucun changement dans les plans de vol à destination de l’Europe ou d’autres destinations pour l’instant ».  

Air France a fait savoir de son côté qu’elle n’était pas concernée, ses avions ne survolant pas cette zone. 

Les annonces interviennent après que Washington a interdit jeudi soir aux compagnies aériennes américaines le survol de l’espace aérien contrôlé par Téhéran au-dessus du Golfe et du Golfe d’Oman « jusqu’à nouvel ordre » après que l’Iran a abattu un drone militaire américain. 

Les États-Unis ont justifié les restrictions émises jeudi par une augmentation des activités militaires et la tension politique croissante dans la région, qui représentent un risque pour les opérations de l’aviation civile accompagné d’un risque d’ » erreur d’identification ». 

Cet incident constitue un nouveau problème pour l’image de l’Iran après « l’exode massif » des compagnies aériennes européennes à la suite de la restauration des sanctions américaines sur le pays, selon le spécialiste de l’aviation Alex Macheras.  

L’analyste estime que « de plus en plus de passagers sont affectés par la géopolitique » et beaucoup de voyageurs évitent complètement les escales au Moyen-Orient car « ils ont l’impression que c’est le théâtre de beaucoup de conflits ». 

La montée des tensions dans le golfe d’Ormuz complique encore une carte du ciel déjà passablement ardue pour les liaisons Europe-Asie. 

Le Pakistan avait en effet décidé de fermer une partie de son espace aérien à la frontière avec l’Inde en février, sur fond de tensions entre les deux pays. 

Une partie du trafic aérien dans la zone avait alors été décalée plus au sud, « plus près de la région désormais interdite aux compagnies américaines », selon le site internet spécialisé Flightradar24.