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La défense s’en prend au travail des policiers

Elle veut convaincre le juge que l’accusé ne conduisait pas l’auto

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JOLIETTE | Les premiers répondants arrivés sur la scène où un chauffard a embouti une maison tuant sur le coup une mère de famille à Lanaudière en 2014 n’auraient pas poussé leurs expertises assez loin, allègue la défense.

C’est ce qu’a plaidé Me Martin Latour vendredi au palais de justice de Joliette au procès d’Anthony Bélanger, accusé de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort et des lésions.

Le criminaliste a surpris l’auditoire pendant les plaidoiries finales en accusant les policiers « d’avoir pris leur travail à la légère », ce qui n’avait jamais été évoqué durant le procès qui dure depuis cinq ans.

Le soir du 26 octobre 2014, la voiture de Bélanger, qui était intoxiqué par l’alcool, a embouti une maison du rang de la Petite Ligne à Saint-Alexis, dans Lanaudière, roulant sur le lit de la chambre principale et tuant sur le coup Rachel Middleton.

Son conjoint Joel Ricard a été gravement blessé.

Erreur sur la personne

Dès que Bélanger s’est trouvé dans l’ambulance, il a déclaré que ce n’était pas lui qui conduisait.

Durant le procès, il a accusé une de ses connaissances d’avoir été au volant ce soir-là.

Pourtant les autorités présentes sur les lieux ont confirmé qu’il était impossible que quelqu’un ait pu sortir de la voiture.

« Les policiers ont fait preuve d’une vision en tunnel. On a quelqu’un [Bélanger] qui dit que ce n’est pas lui qui conduisait et tout le monde se bouche les oreilles quant aux expertises. Il y a du sang partout dans le véhicule et on prend un nombre très limité de prélèvements qui ne permettent pas d’exclure qu’il y ait eu une autre personne », a avancé Me Latour.

Silence de mort

La Couronne est d’un tout autre avis.

« Tous les premiers répondants l’ont dit, il y avait des débris jusqu’à la moitié de la porte, qui ne s’ouvrait pas. Il ne faut pas écarter le témoignage de Joël Ricard qui a dit qu’un silence de mort a suivi l’impact », a rappelé Me Alexandre Dubois.

Ce soir-là, M. Ricard se souvient qu’à part Bélanger qui tentait sans succès de sortir de la voiture encastrée, il n’y avait aucun mouvement dans la maison, avait-il raconté lors du procès.

« Je m’en souviens comme si c’était hier, a confié le veuf en sortant de la salle de cour, vendredi. Il faisait tellement noir que les secours sont passés tout droit avant de revenir. Personne n’est sorti de là, c’est lui qui conduisait, je le sais. »

Le juge Jean Roy rendra son verdict en septembre.