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Les parents d’un djihadiste reconnus coupables de financement du terrorisme

Bloc Justice
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Les parents d’un djihadiste britannique ont été reconnus coupables vendredi de financement du terrorisme pour avoir envoyé de l’argent à leur fils, membre de l’organisation État islamique en Syrie. Ils ont été condamnés à des peines de prison avec sursis.

La cour criminelle de l’Old Bailey, à Londres, a condamné John Letts, un agriculteur bio à la double nationalité britannique et canadienne, et Sally Lane, ancienne chargée de collecte de fonds chez Oxfam, à 15 mois de prison avec sursis. 

Ils ont été reconnus coupables de financement du terrorisme pour avoir envoyé 223 livres (250 euros) à leur fils de 23 ans, Jack, converti à l’islam et membre de l’organisation État islamique en Syrie, en septembre 2015. 

Ils ont essayé à deux autres reprises de lui envoyer de l’argent bien que la police leur ait dit à plusieurs reprises de ne pas le faire. 

«Je reconnais que c’est votre fils et que vous l’aimez beaucoup», a déclaré le juge Nicholas Hilliard, «mais dans ce contexte, vous avez perdu le sens des réalités». 

À la sortie de la cour, les parents du jeune homme ont déclaré qu’ils ont été «condamnés pour avoir fait ce que n’importe quel parent aurait fait si la vie de leur enfant était en danger». 

Ils ont estimé avoir été «abandonnés» par la police et le gouvernement, expliquant que leur fils était détenu dans le nord de la Syrie contrôlé par les Kurdes sans avoir été accusé d’un quelconque crime. 

Jack Letts, surnommé «Jihadi Jack», avait quitté le domicile familial en mai 2014, ses parents pensant qu’il allait voyager et apprendre l’arabe en Jordanie. De Jordanie, leur fils s’est rendu au Koweït et s’est marié en Irak avant de se rendre en Syrie. 

Sally Lane a déclaré lors du procès avoir été «horrifiée» quand son fils l’avait appelée en septembre 2014 pour lui dire qu’il était en Syrie. Son père l’a supplié de revenir. Début 2015, la police avait perquisitionné le domicile familial et interdit au couple d’envoyer de l’argent à leur enfant. 

Ils l’ont pourtant fait en septembre 2015. En décembre de la même année, Jack Letts a dit vouloir quitter la Syrie. Sa mère a tenté à deux reprises de lui envoyer de l’argent, mais les transferts ont été bloqués, et le couple, arrêté.