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Repêchage de la NBA: Luguentz Dort ignoré

Le Thunder d’Oklahoma City a ensuite présenté un contrat à deux volets au Montréalais

Le Québécois Luguentz Dort a maintenu une moyenne de 16,1 points par match lors de sa seule saison au sein des Sun Devils d’Arizona State.
Photo d’archives Le Québécois Luguentz Dort a maintenu une moyenne de 16,1 points par match lors de sa seule saison au sein des Sun Devils d’Arizona State.

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BROOKLYN | Il était 0 h 25 quand Luguentz Dort a quitté son siège du Barclays Center, la mine déconfite, jeudi en toute fin de soirée. Il ne restait que trois choix au repêchage de la NBA. Il n’avait aucune chance. Une véritable gifle au visage inattendue.

Son entourage, à commencer par son vaillant conseiller, Nelson Ossé, et son entraîneur chez les Sun Devils de l’Université d’Arizona State, Bobby Hurley, se grattait la tête. Le cœur brisé, sa mère et sa sœur l’ont vu quitter l’amphithéâtre sans avoir réalisé son rêve. Aucune casquette. Pas un mot. Le pire scénario.

Si une sortie en première ronde n’était pas une certitude, un appel en début de deuxième ronde était dans la poche. D’autant plus que le Montréalais de 20 ans apparaissait sur le radar des Nets de Brooklyn et des Hornets de Charlotte, qui disposaient chacun d’un rang du 31e au 40e.

Mais quand Dort a entendu le nom de Cody Martin, un ailier du Wolf Pack de l’Université du Nevada qu’il a affronté et lessivé en tournoi à Las Vegas en novembre, il s’est pris la tête à quelques bancs d’où Le Journal prenait place. C’était la prise des Hornets au 36e échelon.

Le colosse de Montréal-Nord a gardé son sang-froid durant les deux heures qu’a duré la deuxième ronde. Quand les caméras grimpaient dans sa section pour fixer les caméras sur un espoir à entendre son nom, il croisait les doigts. Mais plus la soirée s’allongeait, plus la confiance diminuait. Un véritable supplice pour celui qui attendait ce moment depuis si longtemps.

Pas la surprise souhaitée

Il voulait créer la surprise et avoir cette chance de se faire valoir rapidement. Ayant fait l’impasse en avril sur sa carrière universitaire afin de tenter son coup au repêchage après une seule saison dans la NCAA chez les Sun Devils, il respirait la confiance. Les repêchages simulés par les grands observateurs lui prédisaient un sort en première ronde, au plus tard au début du second. Six Canadiens, un record, ont trouvé preneur, dont certains qui volaient à basse altitude sous les radars. « Lou » n’est pas entré dans cette page d’histoire du basketball canadien au cours de cette soirée, parfois surévaluée.

Que s’est-il passé ? Nul ne peut répondre pour l’instant, comme le repêchage n’est certainement pas une science exacte. Les faiblesses du garde de 6 pi 4 po et 222 livres auraient-elles effrayé à ce point les dirigeants des équipes du circuit Silver ? Son ralentissement durant l’hiver n’a certes pas contribué à atténuer les doutes.

La recrue de l’année dans la division Pac-12 avait mis tous ses efforts sur ses tirs de l’extérieur, ses lancers de trois points et sa prise de décision en deuxième moitié de saison. Il avait ensuite redoublé d’ardeur à l’entraînement depuis la fin mars.

​« Je ne sais vraiment pas ce qu’il pouvait faire de plus, a signalé son coach Bobby Hurley après la séance. Nous avons gagné 23 matchs avec lui. Il a dominé. Il a reçu le titre de recrue de l’année dans notre conférence. Il présente le physique d’un gars de la NBA et il est jeune. Ce sont des points positifs. C’est surprenant de le voir dans cette situation. Il pourra maintenant décider où il voudra jouer.

Lou croit en lui, a-t-il ajouté. Il est un grand compétiteur et tout un guerrier. Il va rebondir de cet affront en saisissant sa chance. Il va prouver à toutes ces équipes qui l’ont ignoré qu’elles avaient tort. Je persiste à croire qu’il évoluera dans une équipe de la NBA la saison prochaine. »

Ligue estivale

Comme une soirée au repêchage, que ce soit au hockey, au football, au baseball ou au basketball, ne détermine pas la carrière d’un athlète, Hurley croit que son poulain s’en servira comme source de motivation. Plusieurs Canadiens sont entre autres passés par là, à commencer par Chris Boucher il n’y a pas si longtemps. Il ne peut retourner dans les rangs collégiaux ni être admissible à la séance de sélection l’an prochain.

​Dans les heures suivant cette douloureuse soirée à Brooklyn, Dort a reçu un contrat à deux volets du Thunder d’Oklahoma City. Il enfilerait donc cet uniforme dans la ligue estivale de la NBA.

Ce sera une occasion en or pour rugir et prouver aux 29 équipes du circuit qu’elles ont commis une erreur. Et si l’on se fie à son entrée en scène en Arizona dans la NCAA, Dort fera certainement des flammèches. Avec la rage au cœur, il faudrait plutôt parier sur des feux d’artifice.